La Méditerranée a des eaux naturellement pauvres en nutrimentsnutriments, donc en alguesalgues, ce qui explique leur couleurcouleur bleue et leur transparencetransparence. Mais cette stabilité originelle est désormais fortement perturbée, en certains endroits, par les rejets humains à forte densité de nutriments phosphatés, nitratés ou autres comme l'indiquent les résultats du projet européen INTERPOL.

Ces rejets - provenant du lessivagelessivage des engrais agricoles et des déversements d'eaux usées urbaines ou industrielles - provoquent un phénomène d'eutrophisationeutrophisation se traduisant par un développement intense d'algues unicellulaires et ensuite de micro-organismesmicro-organismes qui s'en nourrissent, et par une désoxygénation des couches plus profondes.

Echantillonnage de contrôle des prises de pêche effectuées à bord du navire Thalassa ©IFREMER

Echantillonnage de contrôle des prises de pêche effectuées à bord du navire Thalassa ©IFREMER

Ces modifications affectant l'ensemble de l'écosystèmeécosystème débouchent parfois sur de virulentes pullulations de certaines espècesespèces d' algues planctoniques, qui produisent de véritables "marées rouges" (voire d'autres couleurs selon la "variété"). Ces proliférations peuvent être visqueuses, malodorantes - avec des effets catastrophiques pour les régions où le tourisme balnéaire génère des revenus vitaux -, et même toxiques, causant une importante mortalité d'animaux marins. De nombreuses recherches, comme celles menées par le projet européen FATE regroupant des équipes de huit pays ,s'efforcent de comprendre les mécanismes de ces proliférations et, notamment, de déterminer les seuils de nutriments à partir desquels elles se déclenchent.

Davantage encore que la Méditerranée, la mer Noire est frappée par ces phénomènes d'eutrophisation, en particulier dans sa partie nord-occidentale, qui reçoit les eaux des "quatre D", expression désignant les embouchures rapprochées des fleuves abondant que sont le Danube, le Dnieper, le Dniester et le Don. En outre, par rapport à son volumevolume, cette mer subit la pressionpression d'une très lourde densité de rejets humains, agricoles et industriels, plus élevée qu'en Méditerranée. Les bloomsblooms algaux y sont plus fréquents, intenses et étendus, entraînant des effets aigus de désoxygénation responsables de mortalités massives des crustacéscrustacés et des mollusques benthiquesbenthiques. Plusieurs espèces marines ont disparu, tandis que la prolifération des médusesméduses et de Noctiluca scintillans (organisme planctonique) a aggravé la situation d'un écosystème déjà largement perturbé. Heureusement, un certain répit des effets d'eutrophisation est récemment observé.