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La flore

Dossier - A la découverte de la rivière Allier
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L'Allier est souvent considéré comme "l'une des dernières grandes rivières sauvages d'Europe". D'un parcours de 425km de long peu aménagé par l'homme, l'Allier a une dynamique fluviale très active et une grande richesse écologique.

  
DossiersA la découverte de la rivière Allier
 

Une flore particulièrement riche... La mosaïque de milieux naturels très variés du val d'Allier accueille une flore (et une faune) particulièrement riche. Sur les 2171 espèces végétales présentes en Auvergne, le val d'Allier en accueille au moins 600, soit le quart de la flore de la région ! Certaines de ces plantes sont dites "remarquables" du fait de leur rareté propre, de celle de leur milieu de vie, ou du fait de leur originalité... Au moins 16 espèces végétales protégées à l'échelle nationale ou régionale sont présentes dans le val d'Allier auvergnat. ... mais localement perturbée

D'autres espèces sont dites "envahissantes". Bien souvent introduites par l'homme pour l'ornementation des jardins, ces plantes exotiques prolifèrent dans certains milieux naturels où elles remplacent la végétation "naturelle.

- A : Pulicaire vulgaire (Pulicaria vulgaris)

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Petite plante poilue de la famille des marguerites et des pissenlits, la Pulicaire est typique des grèves sableuses et humides des bords de l'Allier. Cette annuelle est reconnaissable à ses nombreuses fleurs jaunes en forme de pompons. Sa régression généralisée dans notre pays lui a valu d'être protégée à l'échelle nationale. Elle reste toutefois bien présente sur les bords de l'Allier.

- B : Epervière ligérienne (Hieracium peleteranum ligericum)

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Faisant aussi partie de cette famille des pissenlits, l'Epervière de la Loire est, comme son nom l'indique, endémique des grèves de la Loire et de l'Allier, c'est-à-dire qu'on ne la trouve pas ailleurs en Europe et dans le Monde. Formant des petites touffes de feuilles poilues avec des fleurs jaunes dessus et rouge dessous, elle s'est adaptée aux zones remaniées par les crues auxquelles elle résiste grâce à ses puissantes racines. On la trouve dans les zones de pelouses souvent en compagnie de la Corynéphore. L'Epervière de la Loire est protégée en Auvergne, mais aussi en Bourgogne.

- C : Corynéphore (Corynephorus canescens)

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Cette graminée qui forme des touffes très denses de couleur bleu-vert fleurit en juin-juillet. C'est une espèce pionnière des grèves sableuses régulièrement remaniées et pauvres en nutriments, où elle s'est parfaitement adaptée à la sécheresse et au piétinement. Spécifique des pelouses très ouvertes où le sol est encore en grande partie nu, le Corynéphore disparaît ensuite peu à peu avec la succession de la végétation vers des stades plus évolués.

- D : Butome en ombelles (Butomus umbellatus)

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Caractéristique des ceintures de végétation semi-aquatique des annexes hydrauliques, le Butome se reconnaît à ses grandes ombelles de fleurs roses et à ses feuilles allongées de section triangulaire. Cette espèce remarquable des boires et bras morts de l'Allier est indicatrice d'une bonne qualité de ces milieux.

- E : Orme lisse (Ulmus laevis)

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Ce grand arbre qui se plait dans les forêts alluviales est difficile à distinguer de son cousin l'Orme champêtre. Mais l'Orme lisse n'est pas touché par la maladie de la graphiose qui a décimé l'Orme champêtre et il peut donc atteindre, à la différence de ce dernier, des dimensions très honorables. Mal connu, l'Orme lisse reste rare sur le long de l'Allier, ce qui lui vaut d'être une plante protégée sur l'ensemble de l'Auvergne.

- F : Peuplier noir (Populus nigra)

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Cet arbre est un pionnier : c'est lui, accompagné des saules, qui colonise les grèves asséchées en été. Il est le précurseur de la lente végétalisation des berges et de l'installation de la forêt alluviale. Certains peupliers noirs, âgés de plus de 100 ans, sont aujourd'hui inscrits à l'inventaire des arbres remarquables d'Auvergne grâce à leur taille très imposante. Sans être devenue rare, cette espèce qui peuple naturellement nos rivières est souvent remplacée par des peupliers de variétés "exotiques", comme les peupliers d'Italie, plantés pour la production de bois ou de papier. Ces cultivars presque omniprésents s'hybrident avec le Peuplier noir et pourraient à terme mettre en danger la souche naturelle de notre peuplier autochtone, encore bien présent sur le val d'Allier.

- G : Renouée du Japon (Fallopia sp.)

Renouée du Japon © CSA DM Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur

Introduites en France en 1939 pour l'ornementation, la Renouée du Japon et sa cousine de Sakhaline ont depuis colonisé la majorité des rives des cours d'eau français. Ces plantes dites « envahissantes » sont facilement reconnaissables à leurs grandes tiges et à leurs grosses feuilles. Ces renouées possèdent d'importantes capacités de dispersion : bouturage spontané à partir de fragments de tige, rhizomes très résistants... Les renouées prolifèrent sur les secteurs dégradés (dynamique fluviale perturbée, remblais...) d'où l'intérêt de conserver une bonne dynamique fluviale, créatrice de milieux naturels riches. Les grandes renouées exotiques sont aujourd'hui présentes sur de nombreux secteurs de l'Allier où leurs massifs parfois très denses se sont substitués à la végétation autochtone.

- H : Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora)

Jussie à grandes fleurs © CEPA Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur

Elle aussi introduite pour ses qualités ornementales au XIXe siècle, cette belle sud-américaine forme des herbiers semi-aquatiques très denses de couleur verte et jaune lors de la floraison vers août. Depuis une vingtaine d'années, cette espèce explose littéralement et colonise une grande partie des eaux calmes et vaseuses du Sud de la France. Ces peuplements denses peuvent remplacer totalement la végétation locale de certains bras morts de l'Allier.