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Le sac cabas : une solution durable

Dossier - L'estocade aux sacs jetables
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Les sacs de caisse en plastique, non biodégradables, sont devenus les symboles insupportables d'une société de consommation dite du «Jetable » qui pour une utilisation minime met en danger toute la chaîne de la vie pendant des centaines d'années.

  
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Le sac cabas est sur le long terme plus écologique (moins de matières premières, moins d'énergie, moins de déchets...)

Pour comparer 1 cabas avec 1 sac à usage unique, il faut comparer non l'objet mais le service qu'il rend, son utilisation.

La contenance du sac cabas est nettement supérieure (37 litres contre 14), donc pour transporter la même quantité de marchandise contenue dans un sac cabas, il faut 2,6 sacs à usage unique, 1,85 sacs en papier et 1,48 sacs à base d'amidon de maïs. De plus, le nombre d'utilisation de chaque type de sac diffère. Plus le sac cabas est réutilisé, plus son bilan environnemental est favorable.

Dessinateur : Chimulus

Dans ce contexte, le sac cabas est le meilleur pour tous les critères environnementaux à partir de 4 utilisations. Si l'on prend l'hypothèse que les ménages font leurs courses toutes les semaines, le gain environnemental est obtenu au bout de seulement 1 mois.

Cependant, certains sacs à usage unique sont réutilisés comme sacs poubelle (65%, selon un sondage réalisé par la junior entreprise de l'Essec). Dans ce cas, le consommateur fait l'économie des sacs poubelle, donc de matière, d'énergie... Cependant plusieurs sacs à usage unique sont nécessaires pour remplir une fonction équivalente à un sac poubelle (contenance, solidité). Même si le sac à usage unique est réutilisé comme sac poubelle, le sac cabas reste de toute façon plus écologique s'il est réutilisé régulièrement.Le cabas est donc la solution durable...

Des solutions d'avenir

Le sac biodégradable ne sera totalement pertinent que si la filière compost est développée.

Le développement de la filière compost et l'utilisation des sacs biodégradables ne présentent pas de risques cancérigènes au contraire de l'incinération. Certifié Ok-Compost par un certificateur indépendant Belge, le sac biodégradable répond à la norme européenne EN 13432 lui donnant droit d'être qualifié de « biodégradable » et de « compostable ».

Dessinateur : Chimulus

Le sac à base d'amidon de maïs se dégrade en 3 semaines à 2 mois contre 100 à 400 ans pour le sac à usage unique. La matière première de ces sacs étant garantie sans OGM, leur dégradation dans la nature ne s'accompagne pas de risque de contamination des sols.

L'avantage majeur des sacs biodégradables est de permettre la collecte des fermentescibles et une mise en compostage aisée de ces déchets. Malheureusement, en France, cette filière d'élimination n'est pas développée, mais la solution des sacs biodégradables devient intéressante pour les ménages fabriquant leur propre compost dans leur jardin (potentiellement 50 % des ménages français).

L'amidon utilisé pour la fabrication de ces sacs est issu de la culture du maïs. Il est vrai que cette culture requière beaucoup d'eau et de pesticides. Cependant une part de plus en plus grande de la culture du maïs est pratiquée au Nord de la Loire, dans des conditions climatiques nécessitant moins d'arrosage que dans le sud de la France. Par contre, pour assurer un certain rendement, la culture du maïs nécessite une certaine quantité d'engrais. Ces produits azotés posent alors le problème de l'eutrophisation des eaux superficielles.

Ces impacts pourraient être réduit grâce à l'utilisation d'un produit issu d'origine végétale autre que le maïs. La difficulté principale est de trouver un produit de qualité suffisante et constante. L'utilisation d'amidon de pomme de terre est actuellement à l'étude.

Rappelons que l'usage optimal des sacs en amidon de maïs n'est pas de les éliminer en incinérateur mais de les composter en même temps que les déchets fermentescibles. Cependant, le développement de la filière compost souffre des faveurs accordées à la filière de l'incinération.