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Opossum

DéfinitionClassé sous :animaux , prédateur de l'opossum , semi-arboricole
 
L'opossum à oreilles blanches se trouve sur l'ensemble du continent sud-américain, du Brésil à l'Argentine. © Alex Popovkin, Wikimedia Commons, cc by 2.0

L'opossum appartient à l'ordre des Didelphidae. Ces animaux sont les seuls marsupiaux vivant hors de l'Australasie, si l'on fait abstraction de la très petite famille des Coenolestidae que l'on trouve uniquement dans la cordillère des Andes, et dont les membres ne possèdent pas de poche marsupiale. L'opossum le plus connu est la sarigue américaine, commune dans plusieurs régions des deux Amériques, depuis le Canada jusqu'en Argentine. Le terme peut prêter à confusion, car certaines espèces marsupiales australiennes de la famille des Phalangeridae (phalangers, couscous, etc.) sont dotées de la même appellation. Le terme « possum » qui leur est parfois attribué n'est qu'un anglicisme désignant l'ordre des Phalangeridae.

Les opossums sont divisés en deux sous-familles : les Caluromyinae et les Didelphinae. Les Caluromyinae forment trois genres :

  • les Caluromys ou opossums laineux constitués par trois espèces : Caluromys philander (opossum laineux jaune), Caluromys derbianus (opossum laineux de Derby) et Caluromys lanatus (opossum laineux à oreilles marrons) ;
  • les Caluromysiops qui ne comportent qu'une seule espèce : Caluromysiops irrupta (opossum à épaules noires) ;
  • les Glironia, composés d'une seule espèce également : Glironia venusta (opossum à queue touffue).

Les Didelphinae se composent de 14 genres :

  • les Chironectes auxquels n'appartient qu'une seule espèce : Chironectes minimus (opossum aquatique ou yapok) ;
  • les Didelphis composés de quatre espèces : Didelphis albiventris (opposum à oreilles blanches), Didelphis aurita (opossum commun du Brésil), Didelphis marsupialis (opossum austral) et Didelphis virginiana (opossum de Virginie) ;
  • les Gracilinanus comportant cinq espèces dont on ne sait quasiment rien : Gracilinanus aceramarcaeGracilinanus agilisGracilinanus dryasGracilinanus emiliae, Gracilinanus marica et Gracilinanus microtarsus ;
  • les Hyladelphys auxquels on ne peut attribuer qu'une seule espèce : Hyladelphys kalinowskii (opossum nain) ;
  • les Lestodelphys qui ne comptent qu'une seule espèce : Lestodelphys halli (opossum de Patagonie) ;
  • les Lutreolina composés d'une seule espèce : Lutreolina crassicaudata (opossum à grosse queue) ;
  • les Marmosa qui dénombrent neuf espèces : Marmosa andersoniMarmosa lepida (petit opossum-souris roux, Marmosa mexicana (opossum mexicain), Marmosa murina (opossum murin), Marmosa quichuaMarmosa robinsoniMarmosa rubraMarmosa tyleriana et Marmosa xerophila ;
  • les Marmosops qui intègrent les neuf espèces suivantes : Marmosops cracensMarmosops dorotheaMarmosops fuscatusMarmosops handleyiMarmosops impavidusMarmosops incanusMarmosops invictusMarmosops noctivagusMarmosops parvidens, qui n'ont été que peu étudiés ;
  • les Metachirus qui ne comportent qu'une seule espèce : Metachirus nudicaudatus (opossum à queue de rat) ;
  • les Micoureus qui se composent de quatre espèces : Micoureus alstoniMicoureus constantiaeMicoureus demerarae et Micoureus regina ;
  • les Monodelphis (opossum musaraigne) qui intègrent le plus grand nombre d'espèces (18) et qu'il serait fastidieux de citer ;
  • les Philander (opossum aux quatre yeux) constitués de quatre espèces : Philander andersoniPhilander frenatusPhilander mcilhennyi et Philander opossum ;
  • les Thylamys, composés de dix espèces dont on sait peu de choses ;
  • les Tlacuatzin découverts en 2003 par Voss et Jansa qui ne présente qu'une seule espèce : Tlacuatzin canascens (opossum-souris gris).

La taille des opossums varie entre celle d'un chat et celle d'une musaraigne. Presque toutes les espèces fréquentent les lieux boisés et sont semi-arboricoles, à l'exception du yapok qui est aquatique. La morphologie du marsupial ressemble à celle d'un rat. Le corps du plantigrade est allongé, la tête triangulaire présente un museau pointu, de gros yeux un peu globuleux conçus pour la vision nocturne, et des oreilles au large pavillon. Les pattes griffues sont courtes et la queue plus ou moins longue, parfois préhensile, mais seuls les très jeunes individus peuvent se suspendre par la queue. Les adultes ne s'en servent que pour freiner une chute ou pour aider à se maintenir sur une branche.

Opossum de Virginie. © Cody Pape, Wikimedia Commons, cc by sa 2.5

L'opossum est un marsupial solitaire et agressif qui occupe un territoire qui varie selon la taille de l'individu. Il peut atteindre deux ou trois hectares pour un animal de la taille d'une musaraigne, et jusqu'à 140 hectares pour un spécimen de la taille d'un chat. N'étant pas territorial, il n'utilise pas le principe du marquage olfactif. Il est actif la nuit, et passe la journée dans son nid qui peut être un creux d'arbre ou un terrier abandonné, voire un tas de feuilles. Lorsqu'il ramasse des feuilles pour tapisser sa loge, il les fait passer entre ses pattes antérieures et les retient avec sa queue repliée sous son corps. Il ne possède pas de stratégie de chasse et est plutôt désordonné dans la recherche de nourriture. Lorsqu'il est menacé, il adopte une stratégie de défense peu banale : il fait le mort. Mais ce moyen de défense ne s'arrête pas là. Non seulement il gît sur le côté, le corps raide et arrondi et la langue pendante, mais il bave, défèque et décharge une substance verdâtre nauséabonde. Croyant avoir affaire à une charogne en état de décomposition avancée, le prédateur abandonne sa proie qui retrouve aussitôt sa vitalité. S'il peut ainsi fréquemment échapper aux loups, coyotes et autres carnivores, il est malgré tout la proie de nombreux rapaces aussi bien diurnes que nocturnes.

L'opossum n'est social que lors des accouplements. La femelle n'en accepte qu'un seul et rejette toute nouvelle tentative. Après une gestation assez courte d'une petite quinzaine de jours, la femelle donne naissance à 8 à 18 petits à l'état embryonnaire qui émergent du corps de la mère en une succession rapide et qui, l'un après l'autre, rampent jusqu'à la poche ventrale pour chercher les tétines. Celles-ci étant généralement au nombre de dix, il arrive fréquemment que quelques-uns des nouveau-nés soient condamnés à mourir dès la naissance. Les jeunes restent dans la poche ventrale pendant une dizaine de semaines, puis ils la quittent pour se reposer les uns contre les autres dans le nid. Lors de ses déplacements à la recherche de nourriture, la femelle les transporte sur son dos. À l'âge de 14 semaines, les petits sont sevrés et accèdent à l'indépendance. Ils sont sexuellement matures entre six et huit mois. Les relations mère-petit sont très sommaires et réduites à leur plus simple expression.

Opossum de Virginie et ses jeunes. © specialjake, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

L'opossum est omnivore et se nourrit de tout ce qui ne nécessite pas d'efforts à attraper. Cela va des invertébrés aux amphibiens, en passant par les gastéropodes, les mollusques et les crustacés, voire les poissons pour le yapok, et les petits vertébrés. Il ne dédaigne pas les fruits, les graines et le contenu des poubelles à proximité des habitations. Il lui arrive de se repaître de charognes.

Les menaces pesant sur l'opossum sont de diverses natures. La perte de ses habitats et la déforestation ne sont pas les dernières, et le marsupial est également la proie des chasseurs. Les effectifs des différentes espèces sont variables et si certaines sont classées en préoccupation mineure par l'UICN, d'autres sont en danger de disparition.

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