Opération FIV pour les rhinocéros blancs du Nord

Classé sous :rhinocéros , espèce en voie d'extinction , procréation in vitro

Chez les rhinocéros blancs du Nord, aucun mâle n'est en vie. Seules deux femelles, Fatu et Najin, foulent le sol du Kenya. Âgées d'une trentaine d'années, ces dernières ne sont plus en âge de procréer ou d'être inséminées artificiellement. Un consortium international de scientifiques et d'associations a mis en place une stratégie pour sauver cette sous-espèce des rhinocéros blancs de l'extinction. Elle repose sur trois piliers : la récolte d'ovocytes chez Fatu et Najin, une technique avancée de procréation in vitro avec des spermatozoïdes de rhinocéros blancs décédés, et l'insémination de femelles rhinocéros blancs du Sud, la seconde sous-espèce.

En attendant que ces femelles de cette sous-espèce du Sud soient dans une bonne période de leur cycle de reproduction propice à l'insémination, le consortium s'évertue à concevoir des embryons viables. Trois étaient déjà conservés. Deux nouveaux viennent de les rejoindre ! Une nouvelle pleine d'espoir qui suscite tout de même une interrogation : la pérennité d'une espèce repose sur sa diversité génétique, et un taux élevé de consanguinité n'est pas de bonne augure. Dans ces conditions, une progéniture issue uniquement de deux femelles pourra-t-elle assurer la survie des rhinocéros blancs du Nord ?

[EN VIDÉO] Récolte des ovocytes d'une rhinocéros blanche du nord  Des soignants du Ol Pejeta Conservancy, au Kenya, ont récolté des ovocytes chez l'une des deux dernières rhinocéros blanches du nord. Ces deux femelles sont les dernières représentantes de cette sous-espèce. © Dylan Habil 

Pour en savoir plus

Les ovules de deux dernières rhinocéros blancs du Nord ont été collectés

Article de Julie Kern, publié le 28/08/20

Les scientifiques de la réserve Ol Pejeta, au Kenya, ont mené une opération de la dernière chance avec succès. Ils sont parvenus à récolter des ovules chez les deux dernières femelles rhinocéros blanc du Nord, Fatu et Najin. Au total, 10 ovules ont pu être récupérés. Âgées d'une trentaine d'années, ces dernières ne sont plus en âge de procréer ou d'être inséminées artificiellement. Leurs ovules seront donc fécondés par le sperme du dernier rhinocéros blanc du Nord mâle, récolté avant sa mort en mars 2018, et transférés chez une femelle rhinocéros blanc du Sud. La sous-espèce du Sud compte encore plusieurs milliers d'individus contrairement à celle du Nord.

Les scientifiques de la réserve kenyane ne ménagent pas leur peine pour sauver cette espèce au bord de l'extinction. Le rhinocéros blanc du Nord a complètement disparu à l'état sauvage, et les deux femelles Fatu et Najin sont surveillées constamment par des gardes armés pour les protéger des braconniers. Avec cette mission presque désespérée, les scientifiques du parc, qui se battent pour que l'espèce ne disparaisse pas dans l'indifférence, espèrent recréer ainsi une horde de cinq rhinocéros blanc du Nord afin de pouvoir les relâcher dans la nature et les faire vivre à l'état sauvage. L'année dernière, des ovules avaient été récoltés chez les mêmes femelles. Il en résulte trois embryons viables qui sont conservés avant d'être implantés chez une autre femelle.

L'une des deux dernières rhinocéros blanches du Nord, Najin, après la procédure de collecte des ovocytes. Tout s'est bien passé ! © Rio the photographer