Des plantes observées en train de « boire » pour la première fois

Classé sous :plante , Eau , xylème

Jusqu'à présent, il était délicat d'observer le mouvement de l'eau absorbé par les racines des plantes. Mais des scientifiques sont parvenus à visualiser ce processus grâce à une combinaison de techniques. « Nous pouvons non seulement voir l'eau monter à l'intérieur de la racine, mais aussi où et comment elle se déplace », se félicite Kevin Webb, l'un des auteurs de l'étude.

Les chercheurs ont utilisé une microscopie optique sensible au laser - la microspectroscopie Raman -, complétée par de la modélisation hydrodynamique, pour surveiller et quantifier les flux d'eau au niveau cellulaire. En l'occurrence, il s'agissait d'eau dite lourde (oxyde de deutérium), ce qui a facilité sa perception par le laser. Laquelle a révélé une barrière séparant « deux mondes aquatiques » au sein de la racine : l'absorption d'eau serait limitée dans les tissus centraux de la racine, où se trouvent les vaisseaux hydriques.

Les auteurs espèrent maintenant se servir de leurs résultats et de leur méthode pour l'agriculture, notamment en réponse au réchauffement climatique. « En sélectionnant des plantes qui résistent mieux au stress [hydrique], l'objectif est d'augmenter la productivité alimentaire mondiale », souligne Kevin Webb. Ils travaillent d'ores et déjà sur une version portable de leur technologique, à destination du monde agricole et des scientifiques.

Les scientifiques ont utilisé la plante modèle Arabidopsis thaliana pour ces expériences. © 俊朗 浅川, Adobe Stock
Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] InnerPlant : des plantes qui lancent des S.O.S  Plutôt que d’intégrer des capteurs électroniques dans les plantes pour détecter leur niveau de stress hydrique, les chercheurs comptent maintenant transformer la plante elle-même en capteur grâce à la génétique. La start-up InnerPlant a mis au point une tomate qui produit des protéines fluorescentes lorsqu’elle est exposée à un stress hydrique ou environnemental.