Cette baisse du CO2 éclairerait sur notre futur climat

Il y a 38.000 à 28.000 ans, l'océan Pacifique se serait étendu vers l'Atlantique Sud. Une période qui se situe au beau milieu de la dernière ère glaciaire, estimée entre -110.000 et -10.000 ans. Or, la circulation océanique affecte le climat mondial « par la redistribution de la chaleur et du carbone », écrivent des chercheurs dans Nature Geoscience. En analysant des sédiments marins, « nous avons constaté que les eaux profondes du Pacifique, riches en carbone, s'étendaient vers le nord à une profondeur de trois à quatre kilomètres », explique Jimin Yu, coauteur de l'étude.

Les chercheurs en déduisent que la séquestration de carbone, accentuée par ce phénomène, aurait diminué le taux de CO2 atmosphérique... jusqu'à amorcer le dernier maximum glaciaire (DMG), 20.000 ans avant nos jours. « Le DMG a été une époque où les niveaux de CO2 étaient beaucoup plus bas, tout comme la température mondiale et le niveau de la mer », souligne Jimin Yu.

Les données qu'ils ont recueillies leur ont permis de produire une carte. Une carte dévoilant un nouveau modèle de circulation glaciaire de l'Atlantique profond. « Si un modèle est capable de reproduire les données, cela pourrait nous donner confiance dans la capacité du modèle à cartographier les futures conditions climatiques », espère Jimin Yu. 

Le climat de la Terre ne cesse de varier depuis sa formation, alternant entre périodes glaciaires et périodes interglaciaires. Actuellement, nous nous situons dans une époque interglaciaire, dont le réchauffement anormal est d'origine anthropique. © Tawatchai1990, Adobe Stock