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La vie sexuelle des poissons abyssaux enfin dévoilée !

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Les créatures des profondeurs, qui vivent à plusieurs kilomètres sous la surface, dans une zone où même les rayons du soleil n'arrivent pas à pénétrer, restent un mystère pour les scientifiques. Compte tenu de leur faible nombre, et de l'espace qui les sépare, comment font-ils pour procréer ?

Erenna, une créature proche de la méduse, découverte à environ deux kilomètres de profondeur Ses nombreuses tentacules émettent des pulsations de lumière rouge (Crédits : Casey Dunn)

L'équipe MAR-ECO (Mid-Atlantic Ridge Ecosystems) a un début de réponse : selon eux, les poissons abyssaux se donnent rendez-vous à proximité des montagnes sous-marines, pour s'y reproduire et déposer leurs œufs.

L'une des espèces abyssales observées par l'équipe MAR-ECO On en sait très peu sur ces poissons, mais le mystère de leur mode de reproduction a été en partie percé... (Crédits : Harbor Branch/E.Widder)

Les scientifiques savent très peu de choses au sujet des poissons pélagiques et des créatures abyssales. Souvent de petite taille, la plupart d'entre eux présentent des visages singuliers, qui semblent « venus d'ailleurs ». Certains ont des dents démesurées, d'autres usent de pièges malicieux pour capturer leurs proies, ou produisent de la lumière fluorescente.

Leur mode de reproduction nous est également inconnu. Alors que la densité de poissons est supposée très faible dans les milieux abyssaux, comment se rassemblent-ils entre espèces, en vue de procréer ?

A l'aide de submersibles, de filets de pêches et d'instruments acoustiques, l'équipe MAR-ECO (Mid-Atlantic Ridge Ecosystems) a découvert que les poissons pélagiques se rassemblent en grand nombre près des montagnes sous-marines, en vue de s'y reproduire : « C'est la première fois que l'on suggère la possibilité que les espèces pélagiques des profondeurs forment des groupes le temps de procréer, avant de se disperser à nouveau », a expliqué Tracey Sutton, de l'Harbor Branch Oceanographic Institution. Ceci semble indiquer que ces poissons ont un instinct d'orientation, qui les guide vers des lieux en particulier. Par contre, Tracey Sutton avoue « ne pas vouloir spéculer sur l'élément déclencheur » à l'origine de ce rassemblement massif dans les profondeurs. La question reste ouverte.

L'expédition a également recueilli dans l'Océan Atlantique 270 espèces mal connues, et 30 totalement inédites. Néanmoins, le classement de ces poissons est rendu difficile par le manque d'échantillons : ainsi, dans certains cas, les mâles, femelles, et bébés poissons sont catalogués différemment, alors que cela ne devrait pas être le cas.

Enfin, ils ont découvert sur la crête de la chaîne de montagnes sous-marine Mid-Atlantic Ridge un décor luxuriant, semblable à une « oasis d'eau salé : « Ce que l'on a observé en bas était stupéfiant : ça ressemblait à un récif de corail tropical, situé dans les profondeurs. »

Il semble donc que les poissons pélagiques et abyssaux, s'ils vivent dans un milieu hostile et peu peuplé, rejoignent « en troupes » des zones montagneuses plus accueillantes pour se reproduire, avant de se séparer de nouveau. Ils sont donc moins « nomades » qu'on le pensait, et friands d'oasis sous-marines !

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