La colonie 1 de manchots empereurs sur la glace de mer a pu être observée grâce à d'importants moyens qui ont permis de naviguer dans ces glaces. © Robin Cristofari/CNRS-Ipev

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Manchots empereurs : deux colonies supplémentaires en Antarctique

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La colonie de manchots empereurs de Dumont d'Urville, en terre Adélie, comptait jusqu'à présent 2.500 couples reproducteurs. Des chercheurs ont repéré deux nouvelles colonies d'un total de plus de 6.000 poussins. Ce qui porte à 8.500 le nombre de couples reproducteurs dans ce secteur de l'Antarctique.

C'est sur le pourtour de l'Antarctique que vivent les manchots empereurs, des oiseaux qui peuvent atteindre 1,20 m de hauteur. Deux nouvelles colonies y ont été repérées les 1er et 2 novembre 2012, au cours de la première rotation vers Dumont d'Urville de L’Astrolabe, le navire ravitailleur de la P&O Maritime Services affrété par l'Institut polaire français Paul Emile Victor (Ipev) et les Terres australes et antarctiques françaises.

Elles sont situées sur la glace de mer hivernale, qui emprisonne des vestiges du glacier Mertz, à environ 250 km de la base française antarctique. Une grande muraille de glace de 80 km de long sur 40 km de large et 300 à 400 m d'épaisseur s'en est détachée en février 2010. Les deux colonies, probablement issues d'une colonie initiale de manchots empereurs, essaient de trouver de nouveaux sites adéquats pour se reproduire à la suite de la rupture du glacier Mertz.

André Ancel, chercheur de l'institut pluridisciplinaire Hubert Curien de Strasbourg (CNRS et Université de Strasbourg), soupçonnait l'existence d'une telle colonie depuis 1999. Cette année-là, avec Barbara Wienecke, de l'Australian Antarctic Division, ils ont observé depuis la langue glaciaire du Mertz des allées et venues de milliers de manchots empereurs très loin de la colonie de Dumont d'Urville. Les observations satellitaires de 2009 et 2012 menées par Peter Fretwell et Phil Trathan, du British Antarctic Survey, ont confirmé la présence de cette colonie aux abords du Mertz. Mais la rupture de la langue du glacier Mertz en 2010 a posé la question du devenir de cette colonie. Les difficultés liées aux contraintes hivernales (l'hiver austral étant la période à laquelle se reproduisent les manchots empereurs) ainsi qu'à la disparition en été de la glace de mer sur laquelle les manchots établissent leurs colonies ont longtemps empêché l'accès à ce site de reproduction.

Les manchots empereurs peuvent vivre à des températures de -40 °C. À l'image, la colonie 2 de manchots empereurs vue d'hélicoptère. © Robin Cristofari / CNRS-IPEV

Une colonie de manchots empereurs… Puis deux

En 2012, toutes les conditions humaines et logistiques ont été réunies. L'Ipev a alors décidé de dévier la route normale de L'Astrolabe pour permettre à André Ancel et Yvon Le Maho, lui aussi de l'institut pluridisciplinaire Hubert Curien, de se rendre sur place. Une bonne fenêtre météorologique, les prouesses de la navigation dans les glaces de l'équipage ainsi que l'appui héliporté indispensable dans cette région ont permis de confirmer la présence de manchots. La rupture du glacier Mertz ayant complètement modifié la configuration des lieux, les chercheurs français ont découvert que la colonie, initialement localisée par les chercheurs britanniques, est éclatée sur deux sites distants d'une quinzaine de kilomètres. Le premier, géoréférencé par les Britanniques, comprend près de 2.000 poussins, soit autant de couples (qui ne peuvent élever qu'un seul poussin par année de reproduction), le second, découvert lors d'un vol scientifique depuis L'Astrolabe, près de 4.000.

Pour Yvon Le Maho, également directeur de recherche au CNRS, membre de l'Académie des sciences et responsable du programme de recherche de l'Ipev, « ce succès récompense les longs efforts et la ténacité d'André Ancel. Il fait suite à un travail collectif, impliquant une coopération nationale et internationale ». Cette collaboration inclut notamment le centre d’études biologiques de Chizé et le centre scientifique de Monaco, ou bien encore avec le Royaume-Uni et l'Australie, nations largement investies dans les recherches scientifiques en Antarctique.

Alors qu'en 2009, une étude mettait en doute l'avenir des manchots empereurs, il est rassurant de voir que leur population est plus importante que prévu !

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