La taille de la colonie de manchots royaux de l’île aux Cochons a dramatiquement fondu depuis 35 ans. Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses.
Cela vous intéressera aussi

La colonie de manchots royaux de l'île aux Cochons, dans le sud de l'océan Indien, était réputée pour être la plus grande du monde et la deuxième plus grande toutes espècesespèces de manchots confondues. Lors de la dernière visite de l'île par une équipe scientifique, en 1982, elle comptait 500.000 couples reproducteurs, soit une population de plus de deux millions d'individus. Mais selon une nouvelle estimation, publiée dans la revue Antarctic Science le 25 juillet par des chercheurs du Centre d'études biologiques de Chizé (CNRS/université de la Rochelle), la colonie ne compterait aujourd'hui plus que 60.000 couples, soit un déclin de 88 % en 35 ans.

La colonie de manchots royaux de l'île aux Cochons en 1982. © Henri Weimerskirch

La colonie de manchots royaux de l'île aux Cochons en 1982. © Henri Weimerskirch

L'île étant très isolée et inaccessible, les chercheurs se sont basés sur des images aériennes et satellites pour évaluer les surfaces occupées par les manchots entre 1960 et aujourd'hui. En mesurant les contours de la colonie année après année, ils ont constaté une réduction spectaculaire de celle-ci au profit d'une revégétalisation.

La réduction progressive de la zone sans végétation correspondant à la taille de la colonie de manchots. © Henri Weimerskirch

La réduction progressive de la zone sans végétation correspondant à la taille de la colonie de manchots. © Henri Weimerskirch

El Niño responsable de la disparition ?

Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ce déclin. Celui-ci aurait débuté à la fin des années 1990, coïncidant avec un épisode climatique majeur lié au phénomène El NiñoEl Niño. Cet évènement avait déjà affecté une autre colonie de manchots située à 100 kilomètres de l'île aux Cochons. Comme la colonie est ici beaucoup plus grande, la compétition pour la nourriture est d'autant plus forte et les effets de la moindre pénurie sont démultipliés, explique Henri Weimerskirch, un des auteurs de l'étude. Une autre explication pourrait être une épidémieépidémie de choléracholéra aviaire, qui décime actuellement les oiseaux de mer sur d'autres îles de l'océan Indien.

Néanmoins, ces hypothèses ne suffisent pas à expliquer à elles seules un déclin d'une telle ampleur. Des chercheurs du CNRS, appuyés par l'Institut polaire Paul-Émile VictorPaul-Émile Victor et la réserve naturelle des TerresTerres australes françaises, devraient prochainement mener des études de terrain pour confirmer les observations satellites et tenter d'en savoir plus.