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En bref : les abeilles aiment le goût des piscines d'eau salée

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Le mystère de l'attrait des abeilles pour les piscines d'eau salée semble élucidé. Une équipe française a découvert qu'elles possédaient des récepteurs gustatifs au bout de leurs pattes. Cela leur permet de détecter en survol la présence des sels et des minéraux nécessaires à leur métabolisme et au développement de leurs larves.

Les abeilles peuvent ressentir les goûts sucrés et salés avec leurs pattes ! En revanche, ces appendices ne détectent pas les substances amères. © Patrick Subotkiewiez patdebaz / Flickr - Licence Creative Commons (by-nc-sa 2.0)

Il aura fallu deux ans à Gabriela de Brito Sanchez, ingénieur de recherche au CNRS, pour percer le secret de la gustation des abeilles par leurs pattes. À partir de nombreuses expériences comportementales et électrophysiologiques, elle a étudié un à un les poils perforés des tarses des insectes où logent les récepteurs gustatifs. La scientifique a alors montré que des neurones hautement sensibles au sucre se situaient sur les deux ongles terminaux de la patte antérieure. Plus étonnant, dans les segments qui précèdent ces ongles, la chercheuse et son équipe ont identifié des récepteurs gustatifs extrêmement sensibles aux solutions salines. Ces détecteurs dotent l'animal d'une efficacité redoutable pour reconnaître les sels et les minéraux. En revanche, les scientifiques ont constaté l'absence de récepteurs au goût amer sur les pattes. Cette étude est publiée dans la revue Frontiers in Neuroscience.

Mais que se passe-t-il lorsqu'une abeille perçoit des informations contradictoires sur ces deux pattes ? Les auteurs ont montré que le système nerveux central privilégiait le premier signal reçu, tout en analysant le second. Par exemple, si une abeille goûte d'abord du sucre sur une patte, elle étire sa trompe de ce côté et ignore les goûts moins attrayants venus de l'autre patte. Le sucre peut donc induire un état central d'excitation capable de surmonter l'effet de goûts moins appétissants. En revanche, si les substances peu attirantes sont perçues en premier, l'insecte diminue de moitié la probabilité d'étirer sa trompe.

De nombreuses questions sont encore irrésolues : les abeilles possèdent-elles des récepteurs réactifs aux substances amères sur les autres organes gustatifs ? Sont-elles sensibles aux goûts acides ? Quel impact les pesticides ont-ils sur les neurones gustatifs des tarses ? De nombreuses recherches sont donc encore nécessaires pour percer tous les secrets de l'abeille...

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