L’archipel des Seychelles a beaucoup d’atouts. Son climat d’abord : situées à faible distance de l’équateur, les Seychelles sont à l’abri des cyclones. La géologie particulière de l’archipel l’a doté de plages superbes, semées de roches granitiques aux formes suggestives. La faune et la flore sont exceptionnelles, dont le mythique « coco-fesses », ainsi que les extraordinaires tortues terrestres géantes.
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Le général Charles Gordon, un héros national pour les Britanniques, fit escale en 1882 dans l'archipelarchipel des Seychelles. Il visita la vallée de Mai et pensa y avoir découvert le mythique jardin d'Éden. Depuis longtemps, on avait découvert, rejetées sur les rivages de l'Inde, de curieuses noix de coconoix de coco géantes dont les formes rappelaient si parfaitement les hanches d'une femme qu'on les nommait plus couramment « cocos-fesses ». On pensa longtemps qu'elles poussaient au fond des mers, d'où le nom de coco de mer, et ce n'est que sur le tard que l'on découvrit l'unique vallée au monde où poussaient les arbresarbres majestueux qui donnaient ces fruits : la vallée de Mai, dans l'île de Praslin, une des Seychelles. C'est un petit groupe d'îles resté inhabité jusque vers 1770, colonisé ensuite par des Français, puis cédé au Royaume-Uni au traité de Paris en 1814.

Antoine et un « coco-fesses ». © Antoine

Antoine et un « coco-fesses ». © Antoine

La découverte du paradis terrestre ?

Le général Charles Gordon, donc, en escale à Praslin, conçut l'idée que l'existence même du coco de mer prouvait que la vallée de Mai était le royaume d'Adam et Ève, le jardin d'Éden de la Bible, et qu'il s'agissait là de l'arbre de vie (l'arbre à painarbre à pain, également présent dans l'île, et qui fournit à l'Homme le « pain » sans qu'il soit nécessaire de le gagner à la sueur de son front, confirmait sa théorie). Rédigeant une thèse à ce sujet, illustrée de nombreux dessins, le brave général ne savait pas qu'il venait de créer le plus beau slogan publicitaire possible pour les Seychelles.

Golan blanc ou goélette blanche, sterne paradis (<em>Gygis alba</em>), dans l'îlot Cousin. © Antoine

Golan blanc ou goélette blanche, sterne paradis (Gygis alba), dans l'îlot Cousin. © Antoine

L'archipel, il est vrai, a beaucoup d'atouts paradisiaques :

  • son climatclimat, car situées à faible distance de l'équateuréquateur, les Seychelles sont à l'abri des cyclonescyclones, qui ravagent fréquemment le reste de l'océan Indien ;
  • la douceur de l'alizé de sud-est alternealterne chaque année avec une moussonmousson modérée de nord-ouest ;
  • la géologiegéologie particulière des Seychelles les a dotées de plages d'une beauté à couper le souffle, semées de roches granitiques aux formes elles aussi suggestives ;
  • la douceur du climat permet le développement d'une flore et d'une faunefaune limitées mais exceptionnelles, dont de nombreuses plantes curieuses et endémiquesendémiques (outre le coco de mer, l'arbre-méduse et l'arbre-pieuvre) ou des animaux extraordinaires comme les tortues terrestrestortues terrestres géantes, qu'on ne trouve, hors d'ici, qu'aux Galápagos, de l'autre côté de la TerreTerre.

Impossible d’arrêter de photographier l’anse Source d’Argent

Mon premier voyage aux Seychelles date de 1992 : j'y ai tourné les images du premier de mes documentaires, j'y suis revenu à plusieurs reprises, à bord de Banana Split vers 1997, puis pour y présenter des émissionsémissions pour la chaîne Voyage ou pour un spot Atol, tourné sur la magnifique plage de Takamaka en compagnie de la belle Nathalie Simon.

Rochers de l’anse Sources d'Argent, sur l'île de La Digue. © Antoine

Rochers de l’anse Sources d'Argent, sur l'île de La Digue. © Antoine

J'ai à nouveau filmé l'archipel en 2009, et j'ai chaque fois été comme hypnotisé par la beauté étrange de la vallée de Mai, sombre, mystérieuse, résonnant du curieux grincement de tôle métallique des feuilles géantes du coco de mer, admirant ses noix lourdes et ses fleurs mâles (aussi phalliques que ses fruits sont féminins). J'ai eu toute la peine du monde à cesser de photographier et filmer encore et encore les plages de l'anseanse Source d'ArgentArgent. J'aime la culture des Seychelles, la façon dont le pays, à l'indépendance, a pris des libertés immenses avec l'écriture du français et orthographié le créole à sa guise, donnant naissance aux « zwazo » et aux « tizanfan »... J'adore la musique seychelloise (le séga), resté plus authentique, plus candide que dans d'autres îles de l'océan Indien, et les couleurscouleurs des tableaux des peintres naïfs qui font partie du patrimoine local.

Espérons qu’aux Seychelles, le bon sens triomphera

Nation indépendante qui génère ses propres revenus, principalement grâce au tourisme, les Seychelles subissent les aléas de l'économie mondiale, une brillante année touristique pouvant être suivie par une forte baisse de fréquentation. Mais les Seychellois ont toujours su garder leur bonne humeur, et surtout préserver autant que possible la beauté, l'authenticité de leur nature : près de la moitié du territoire seychellois consiste en parcs protégés, et la loi a longtemps interdit de construire des immeubles ou des hôtels plus hauts qu'un cocotier (de mer).

Le « Petit Trianon », restaurant <em>Marie-Antoinette</em>, île Praslin. © Antoine

Le « Petit Trianon », restaurant Marie-Antoinette, île Praslin. © Antoine

Aujourd'hui, devant la conjoncture internationale, de même que de nombreux pays d'Afrique vendent, à coups de milliers d'hectares, leurs terres à des nations riches mais pauvres en ressources agricoles, les Seychelles ont récemment autorisé la constructionconstruction d'ensembles résidentiels d'une taille assurément excessive... Espérons cependant que le bon sens triomphera, et que les Seychellois continueront à préserver leur « jardin d'Éden », le paradis entrevu -- imaginé en tout cas -- par un général britannique, puisant dans ses convictions religieuses un joli argument publicitaire.