Une lettre ouverte signée par plus de 60 experts appelle à l’interdiction de la géoingénierie solaire comme politique de lutte contre le réchauffement climatique. © muratart, Adobe Stock
Planète

Des scientifiques appellent à « une action immédiate des gouvernements » contre la géoingénierie « en tant qu’option de politique climatique »

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Notre Terre se réchauffe. Face à l'urgence qu'il y a aujourd'hui à agir, certains envisagent de recourir à la géoingénierie. Une solution envisagée comme presque miracle. Cependant, des experts s'élèvent contre cette idée. Ils appellent à une interdiction de la géoingénierie, notamment de la géoingénierie solaire.

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[EN VIDÉO] Réchauffement climatique : notre planète en territoire inconnu  Dans la version préliminaire — qui ne couvre que les neuf premiers mois de l’année 2021 — de son rapport annuel State of the Global Climate, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) confirme la tendance au réchauffement climatique. Pour la première fois, la barre d’une hausse de 1 °C par rapport aux moyennes préindustrielles a été franchie sur la période des vingt dernières années. Mais le rapport met surtout en avant les nombreux phénomènes météo extrêmes survenus en 2021 et leurs conséquences pour la planète et pour l’humanité. © Organisation météorologique mondiale 

La géoingénierie climatique : plus notre Planète se réchauffe, plus on en parle. Comme ce que « nous pourrions faire... si nous continuons à ne rien faire ». C'est ainsi que David Keith, physicien à l'université de Havard présentait le sujet. C'était en 2007 déjà. Peu de choses semblent avoir changé depuis, si ce n'est que les scientifiques, eux, ont de plus en plus tendance à alerter contre les risques de ce type de projets. En ce début de semaine encore, plus de 60 experts se sont exprimés à ce sujet.

Dans une lettre ouverte, ils appellent à « une action immédiate des gouvernements, des Nations unies et de tout autre acteur pour empêcher la normalisation de la géoingénierie [solaire notamment, ndlr] en tant qu'option de politique climatique ». Selon eux, même si l'injection de particules de soufre dans notre atmosphère pourrait effectivement renvoyer une bonne partie du rayonnement solaire vers l'espace, les conséquences pourraient l'emporter sur les avantages. Ils demandent donc un « accord international de non-utilisation ».

Un mauvais bénéfice-risque

Les experts soulignent que « le déploiement de la géoingénierie solaire ne peut pas être gouverné à l'échelle mondiale de manière équitable, inclusive et efficace ». Ils s'appuient notamment sur le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) pour rappeler que, même si l'Afrique australe pourrait voir ainsi son risque de sécheresse baisser, l'opération affaiblirait les moussons d'été en Afrique et en Asie, et assècherait l'Amazonie.

Les experts s'inquiètent aussi de celui qu'il qualifie de « choc terminal ». Il se produirait si l'injection, une fois mise en œuvre, devait finalement être arrêtée brutalement. Les températures sur Terre augmenteraient alors très rapidement. D'autant que, avec les solutions de géoingénierie, l'autre risque est que, non seulement, elles n'agissent pas sur les causes du réchauffement -- les émissions de gaz à effet de serre --, mais qu'en plus elles risquent de décourager les gouvernements à faire leur possible pour arriver à la neutralité carbone.

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