Les particules fines qui polluent notre atmosphère constituent un problème de santé publique majeur dans le monde entier. Avec leur carte, des chercheurs de l’université de Washington à Saint-Louis (États-Unis) tentent de clarifier la connaissance que nous en avons. © Tom Wang, Adobe Stock

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Cette carte de la pollution réserve quelques surprises, y compris des bonnes !

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La pollution de l'air est un fléau. Pour la combattre efficacement, il faut pouvoir se reposer sur des données fiables. C'est ce que proposent aujourd'hui des chercheurs. Ils présentent la carte de la qualité de l'air la plus précise à ce jour. Et elle réserve quelques surprises.

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Plus que les guerres, le Sida ou le tabac. Bien plus que le coronavirus. La pollution de l’air est un fléau qui réduit notre espérance de vie. En 2015, elle a causé près de neuf millions de morts prématurées dans le monde ! Dans l'espoir de trouver les meilleures solutions pour la combattre et de mieux estimer encore son impact sur la santé, des chercheurs de l’université de Washington à Saint-Louis (États-Unis) publient aujourd'hui une carte complète de la pollution atmosphérique aux particules fines à travers le monde, couvrant la période 1998-2018.

Ils se sont plus particulièrement intéressés à ces particules que les spécialistes qualifient de PM2,5. Les particules fines d'un diamètre inférieur à 2,5 µm produites pour certaines par des processus naturels, mais pour d'autres, par les activités humaines. Celles-ci peuvent pénétrer profondément dans le système respiratoire d'une personne. Et y causer des dommages.

L'ennui, c'est que les systèmes de surveillance au sol de ces particules fines ne couvrent pas l'intégralité de la surface de la planète. « Parfois, les gens vivent à des centaines de kilomètres du capteur le plus proche », remarque Randall Martin, chercheur, dans un communiqué de l'université. Pour contourner ce problème, les chercheurs de l'université de Washington ont d'abord fait appel aux observations satellites. Grâce à un modèle simulant la composition de l'atmosphère et les transports chimiques, ils ont pu déduire les quantités de PM2,5 au sol. Et les valeurs obtenues s'accordent particulièrement bien avec les mesures données par les capteurs au sol... lorsqu'ils existent. De quoi extrapoler - après quelques corrections - sur les régions qui en sont dépourvues.

Sur cette carte établie par les chercheurs de l’université de Washington à Saint-Louis (États-Unis) apparaissent en rouge, les régions dans lesquelles la pollution atmosphérique est sur une tendance à la hausse en 1998 et 2018, en bleu, celles dans lesquelles elle est sur une tendance à la baisse. © Martin Lab, Université de Washington

La pollution de l’air en baisse en Chine

Parmi les bonnes nouvelles : la qualité de l’air en Chine. Entre 2011 et 2018, elle affiche une nette amélioration. Le résultat probablement d'une politique clairement orientée en ce sens. La réglementation stricte de l'usage des véhicules privés, l'électrification des transports publics urbains ou finalement, l'interdiction du chauffage au charbon« Les études antérieures, qui n'ont pas utilisé des données aussi récentes, ne pouvaient pas mettre en avant la portée de telles mesures », souligne Randall Martin.

Mais la carte élaborée par les chercheurs de l'université de Washington révèle bien là une sorte de success story de la lutte contre la pollution de l'air. Elle montre comment des mesures politiques peuvent avoir une réelle influence. « Les changements en Chine sont spectaculaires. Plus importants que partout ailleurs », commente encore le chercheur.

Malheureusement, ailleurs, les chiffres ne sont pas forcément aussi bons. En Inde, par exemple, les chercheurs ont mis en lumière une sorte de plateau. Ce qui est déjà inquiétant tant le plateau est élevé. « La santé d'un milliard de personnes est en jeu », prévient Randall Martin.

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