Le corbeau est un opportuniste qui se nourrit de tout ce qu’il trouve. © Fyn Kynd, Flickr

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Science décalée : les corbeaux des villes ont trop de cholestérol

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Les déchets alimentaires des fast-foods font la joie des oiseaux qui semblent adorer les frites et le cheeseburgers. Mais à raison de 42 mg de cholestérol le sandwich, les corbeaux ont vite fait de s'engraisser.

Le régime alimentaire des corbeaux est généralement constitué de charognes, insectes, petits amphibiens, baies ou céréales. Mais cet oiseau est avant tout un opportuniste, qui se nourrit de tout ce qui passe à sa portée. Et le corbeau des villes semble avoir trouvé un nouveau mets tout à fait à son goût : le cheeseburger. Le problème, c'est que comme pour les humains, ce goût immodéré pour le fast-food n'est pas sans conséquence pour sa santé. Dans une étude publiée le 16 août dans la revue spécialisée The Condor, des ornithologues du Collège Hamilton, dans le Nord de l'État de New York, ont analysé le taux de cholestérol, le poids, la masse grasse et le taux de survie des oiseaux de 140 nids dans des régions urbaines et rurales de Californie durant trois ans. Ils ont constaté que plus les corbeaux vivent près d'une zone urbaine, plus leur taux de cholestérol est élevé.

Pour confirmer que le fast-food est bien à l'origine de ce taux élevé de cholestérol, ils ont disposé trois cheeseburgers McDonald's par jour (soit 126 mg de cholestérol) devant les nids de corbeaux ruraux durant six semaines. Une bonne affaire au passage pour le restaurant du coin qui s'est vu soudainement assailli de commandes. Cette « supplémentation » a produit des effets immédiats, avec un taux de cholestérol en hausse de 7 mg/dl en moyenne dans le plasma sanguin chez les corbeaux ainsi nourris.

Les corbeaux de villes sont plus grassouillets que ceux des campagnes. © Adrian Scottow, Flickr

Les poubelles, une véritable niche écologique

Ce n'est pas la première étude à démontrer les effets d’une nourriture « urbaine » sur les animaux. De précédentes recherches ont ainsi établi des taux élevés de cholestérol chez des moineaux, renards, iguanes et même des tortues fréquentant des zones urbaines ou touristiques. « Pour de nombreuses espèces, la ville joue un rôle de niche écologique, où elles trouvent de la nourriture en abondance dans les ordures, les poubelles, les déchèteries ou les tas de compost », explique Andrea Townsend, l'auteure principale de l'étude. Si cette nourriture, souvent de mauvaise qualité, affecte parfois la santé de ces animaux et réduit à la longue leur aptitude à s'alimenter par eux-mêmes, elle n'est pas forcément néfaste, indique toutefois la chercheuse. Les corbeaux des villes ont d'ailleurs un taux de survie plus élevé que leurs homologues des campagnes, note l'étude. Les oiseaux nourris aux cheeseburgers ont également un poids plus élevé, ce qui est généralement considéré comme un signe de bonne santé chez les oiseaux, note Andrea Townsend, car ils sont moins sujets aux maladies. D'autres études ont également montré que la nourriture facilement disponible des poubelles pouvait améliorer le taux de reproduction des geais, ou le taux de survie hivernal des passereaux.

La ville, un endroit dangereux pour les oiseaux

« On sait qu'un taux élevé de cholestérol est mauvais pour les humains, mais on n'a aucune idée de l'effet sur les animaux », reconnaît Andrea Townsend. En réalité, on ne sait même pas quel taux de cholestérol peut être considéré comme « excessif » chez le corbeau, avouent les chercheurs. Il existe en revanche un danger bien plus grand que les cheeseburgers pour les oiseaux vivant en ville : les immeubles. Entre 100 millions et un milliard d'oiseaux sont ainsi victimes de collisions avec des gratte-ciels chaque année aux États-Unis d'après une précédente étude de 2014.

  • Les corbeaux vivant dans les zones urbaines ont un taux de cholestérol plus élevé que les oiseaux ruraux.
  • Ils ont aussi un taux de masse grasse plus élevé, ce qui pourrait améliorer leur taux de survie.
  • De nombreux animaux se nourrissent dans les ordures et les poubelles quand ils fréquentent les zones urbaines et touristiques, avec des effets variables.
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