Planète

Ne ratez pas la goélette Tara, partie à la découverte du plancton

ActualitéClassé sous :océanographie , goélette , TARA

En deux années d'expédition, avec le support du CNRS, le voilier Tara a effectué une longue pêche au plancton dans l'océan mondial. Cette aventure scientifique sera relatée tous les vendredis sur Planète Thalassa, à partir de demain soir et jusqu'au 6 mai.

Une larve de calmar nous regarde. © C.Guiguand/Tara Oceans

Tara avait rendez-vous avec le plancton. Après son périple polaire de 2006 à 2008, la goélette Tara, petit navire océanographique, qui fut aussi l'Antarctica de Jean-Loup Etienne, est repartie le 5 septembre 2009 pour trois années d’expédition dans l'Atlantique, le Pacifique et l'océan Indien.

Financée sur fonds privés et appuyée sur l'aide scientifique du CNRS et d'autres organismes, comme le EMBL (European Molecular Biology Laboratory), l'expédition Tara Océans rappelle les grandes épopées de l'océanographie. Il s'agissait en effet de mesurer tout le long du voyage la température et la salinité des eaux rencontrées en surface et en profondeur et partir à la pêche au plancton.

Tara est un voilier gréé en goélette, à la coque renforcée pour résister à la banquise. Sous le nom d'Antarctica, le navire a appartenu à Jean-Loup Etienne pour ses expéditions en milieu polaire. Sous le nom de Tara, la goélette s'est laissé prendre par la banquise arctique et a dérivé pendant 500 jours avec elle. © J. Girardot - Fonds Tara

On pourrait croire tous ces paramètres connus à l'heure où l'on a cartographié la planète Mars jusque dans le proche sous-sol, où la surface de Vénus a été entièrement balayée par des radars et où Messenger a commencé à faire de même autour de Mercure.

Mais l'océan est aussi mystérieux que ces planètes lointaines, mais visibles. La mécanique des courants et la vie océane ne sont connues qu'avec imprécision.


Dans le désert océanique du Pacifique Sud, pour la 96e station de l'expédition, les scientifiques de Tara cherchent à répertorier les organismes du plancton. Interviews de Lee Karp-Boss, professeur en biologie marine à l'École des sciences marines de l'université du Maine (États-Unis) et de Leïla Tirichine (CNRS) de l'Institut de biologie de l'École normale supérieure (IBENS - ENS/Inserm/CNRS). © A. Deniaud/Tara Expéditions/YouTube

Zoo ou phyto ?

C'est l'histoire de cette expédition qui nous sera racontée les vendredis 15, 22, 29 avril et 6 mai, à 20 h 40, sur la chaîne Planète Thalassa, dans des documentaires de 52 minutes. Le premier épisode, demain soir donc, titré Le monde secret, est consacré au plancton. Animaux ou végétaux, ces organismes ne peuvent nager avec suffisamment d'énergie pour se déplacer indépendamment des courants marins.

Avec cette définition, les méduses, même de grandes tailles, font partie du plancton. Mais la plupart sont minuscules et certains ne sont même que des gamètes (c'est-à-dire des cellules sexuelles). Près du rivage, une collecte simple avec un verre d'eau rapporte une collection étonnante d'organismes de toutes sortes, de quelques millimètres à quelques dixièmes de millimètre et le microscope ou la loupe binoculaire en dévoilent encore bien d'autres.

Ces jolies fleurs, vues de près, apparaissent comme des animaux. Sous les mers, parfois, les végétaux nagent et les animaux se plantent... Corail. © A.Amiel / Kahika i/ Tara Oceans

Un monde dans une goutte d'eau ! On a parfois du mal à classer ce que l'on voit parmi le zooplancton (les animaux) ou le phytoplancton (les végétaux). Car dans l'océan, les frontières se brouillent...

Loin de côtes, la récolte peut être bien plus maigre, surtout loin sous la surface. On parle alors de désert océanique. C'est le cas en plein milieu du Pacifique, par exemple, comme l'illustre cette courte vidéo ci-dessus, qui montre la vie à bord. Ne manquez pas cette rencontre avec une science encore neuve, l'océanographie, et un milieu à la fois riche, fragile et indispensable à la vie terrestre.

Cela vous intéressera aussi