Le monocoque Imoca de Boris Herman Sponsorisé par Seaexplorer - Yacht Club de Monaco. © Jean-Marie Liot
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Vendée Globe : un concurrent passe à proximité de Nemo, le point le plus reculé de la Planète

ActualitéClassé sous :océan , syndrome de Kessler , désorbitation

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Les concurrents du Vendée Globe se sont plus ou moins approchés du point Nemo, l'endroit le plus isolé de la Terre. C'est notamment le cas du skipper allemand Boris Herman qui passe au sud de ce point. C'est l'occasion pour Futura de vous rappeler que cette région du globe est utilisée par les agences spatiales pour se débarrasser de leurs satellites et modules orbitaux en fin de vie. Un cimetière d'objets spatiaux qui pourrait bien devenir une source de pollution. 

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Alors que les concurrents du Vendée Globe s'apprêtent à franchir le Cap Horn, vraisemblablement dès les premières lueurs de 2021, Boris Herrmann, au soir du 51e jour, est passé au sud du Point Nemo. Ce point dans l'océan Pacifique, qui couvre une zone de 1.500 kilomètres carrés, est le plus éloigné de toute terre émergée. Il s'agit d'une zone qui se situe à 3.500 kilomètres de l'est de la Nouvelle-Zélande et à 2.500 kilomètres du nord de l'Antarctique. Cet endroit isolé au milieu de l'océan Pacifique est à environ 2.688 km de la terre ferme, la plus proche étant l'île Ducie qui fait partie des îles Pitcairn. Ce point a été nommé en référence au capitaine Nemo, personnage principal du roman Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, et traduit du latin par « personne » !

Comme le souligne son équipe, le Team Malizia, « Boris est actuellement si loin de la terre qu'il est en fait beaucoup plus proche de la Station spatiale internationale car, si elle est en orbite autour de la Terre, elle n'est qu'à 416 km de sa position actuelle » !

Le skipper allemand Boris Herman dont l'arrivée aux Sables d'Olonne n'est pas attendue avant la fin du mois de janvier. © Boris Herman

Cimetière des objets spatiaux

Comme il n'y a pour ainsi dire rien dans cette partie du Pacifique Sud (pas d'île, pas d'habitant et quasiment pas de trafic maritime ou aérien), ce lieu est celui choisi par les agences spatiales pour désorbiter leurs satellites en fin de vie, mais aussi les étages de lanceurs et autres modules de stations spatiales. Si la plupart des matériaux qui les composent se désagrègent lors de la rentrée dans l'atmosphère, des fragments ou des pièces, en raison de leur composition, sont en revanche susceptibles de résister à la forte température de rentrée (1.500 degrés) et arrivent intacts sur Terre. C'est notamment le cas des réservoirs de combustible fabriqués en titane et acier inoxydable hautement résistants et d'éléments de structure de certains modules spatiaux. 

À ce jour, on estime que près de 300 satellites y gisent aux côtés des restes de la station MIR, désorbitée en 2001, et, plus récemment, ceux du module orbital Tiangong-1, depuis le 2 avril 2018. C'est aussi au point Nemo que la partie occidentale de la Station spatiale internationale pourrait être désorbitée durant la décennie 2030.

Comme il est extrêmement difficile de parvenir dans cette zone, on en sait encore très peu sur la région en général ou sur la vie marine qui y existe en particulier. En fait, les visiteurs les plus fréquents sont probablement les marins à l'occasion de leur tour du monde. Cela dit, la présence de ces débris spatiaux pose question et d'aucuns se demandent si cette zone est polluée par cette accumulation de ces déchets spatiaux. En raison de leur exposition aux rayons du soleil, ils ont pu devenir irradiants. Certes, le point Nemo est une zone peu peuplée par les espèces marines mais la question mériterait d'être soulevée. 

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