La seiche est capable de renoncer à une gratification si elle sait que la prochaine sera meilleure. © Mexrix, Adobe Stock
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Les seiches savent résister à la tentation pour un meilleur repas !

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[EN VIDÉO] Intelligence animale : l'éléphant aurait conscience de son corps  Un éléphant d'Asie a réussi brillamment un test d'intelligence auquel échoue un enfant de deux ans : on ne peut pas tirer un tapis si on est dessus. Réalisée par l'association Think Elephants International, l'expérience montre que l'éléphant a conscience de son propre corps, comme le montre également le test du miroir. Une capacité rare dans le monde animal. 

Différer la récompense, c'est le principe de « l'épreuve du marshmallow » et c'est ce que des chercheurs ont expérimenté sur des seiches dont ils ont voulu tester la capacité de résistance à la tentation. Ils montrent que la seiche choisit d'attendre pour avoir une nourriture de meilleure qualité mais les chercheurs ont également remarqué que celles qui savaient faire preuve de patience avaient de meilleures performances dans les apprentissages.

Des seiches sont capables d'attendre de 50 secondes jusqu'à plus de deux minutes pour obtenir un meilleur repas, plutôt que de succomber à la tentation d'avaler une nourriture disponible immédiatement, selon l'étude publiée mercredi dans la revue scientifique britannique Proceedings of the Royal Society B. Jusqu'à présent, seuls les chimpanzés, les corbeaux et les perroquets étaient réputés réussir « l'épreuve du marshmallow », inventée au départ pour de jeunes enfants. Elle teste leur capacité à se retenir de prendre une récompense -- un petit mollusque pour la seiche -- en leur faisant comprendre qu'ils en obtiendront une meilleure plus tard.

En faisant passer cette épreuve à six seiches adultes, les scientifiques ont cherché à mesurer la maîtrise de soi et la capacité d'apprentissage de ces spécimens. Ils ont d'abord entraîné les six mollusques adultes à faire un choix, après avoir déterminé quels mets ils préféraient.

Chaque seiche, immergée dans un récipient à deux compartiments, s'est ensuite vu proposer de choisir entre un mollusque qu'elle aimait le moins (un morceau de crevette royale crue), disponible immédiatement, et celui qu'elle préférait (une petite crevette vivante, du genre Palaemonestes) disponible après un certain délai. Ces seiches ont attendu de 50 jusqu'à 130 secondes pour satisfaire leur appétit.

 Des seiches sont capables d'attendre de 50 secondes jusqu'à plus de deux minutes pour obtenir un meilleur repas. © Yasser Al-Zayyat, AFP

Des capacités cognitives et un apprentissage performant

L'étude a aussi mesuré leur capacité d'apprentissage dans des conditions changeantes. Dans son réservoir, chaque seiche a eu le choix entre nager vers une balise grise ou une balise blanche. Une seule des couleurs offrait droit à récompense sous forme d'une crevette. « Une fois que la seiche a appris à associer une couleur à une récompense, nous avons inversé les règles : la seiche devait nager vers l'autre couleur pour avoir la crevette », explique à l'AFP le principal auteur de l'étude, le Dr. Alexandra K. Schnell, du département de psychologie de l'Université de Cambridge.

Son équipe a constaté que les seiches qui apprenaient le plus vite à associer une couleur à une récompense étaient aussi celles qui savaient attendre le plus longtemps pour obtenir leur mets préféré dans l'autre test. Cette capacité de maîtrise de soi, nécessaire à la réussite du test du marshmallow, répond toujours à une fonction au sein de l'espèce, souligne l'étude.

Les scientifiques expliquent par exemple que certains animaux comme les corbeaux sont capables d'attendre pour chasser parce qu'ils doivent d'abord construire un outil. L'étude émet des hypothèses quant à la raison d'une maîtrise de soi chez les seiches. Cette faculté découlerait de leur besoin de se camoufler pour survivre et de leur capacité à attendre le meilleur moment pour chasser, un moment à haut risque, car elles risquent alors de se faire dévorer par de nombreux prédateurs. Le fait d'attendre le moment optimal pour chasser sans se faire manger aurait développé leur capacité à la maîtrise de soi, illustrée par l'étude.

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