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Première : l’éruption volcanique de l’Axial Seamount avait été prévue !

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Pour la première fois, une éruption volcanique a été anticipée. Grâce à des mesures de pression et de gonflement du volcan, des géologues américains ont su donner à quelques années près le moment d'une éruption sous-marine.

Le Giggenbach est lui aussi un volcan sous-marin très étudié. Sur l'image, la profondeur est figurée par un dégradé de couleurs comme l'indique la légende en bas à droite. © NOAA/National Science Foundation
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Tout comme les tremblements de terre, les éruptions volcaniques sont des événements imprévisibles. C'est d'ailleurs un problème majeur pour la prévention des risques et la protection des populations, au vu les catastrophes qu'ils peuvent engendrer. Alors, volcanologues et sismologues se sont attelés à comprendre les phénomènes conduisant à ces épisodes violents. Le but étant de mettre en évidence d'éventuels cycles. Pour cela, les observations des volcans se sont multipliées et les outils des géologues se sont diversifiés.

L'Axial Seamount, dont l'éruption du 27 juillet avait été annoncée en 2006 par le géologue Bill Chadwick et le géophysicien Scott Nooner, était bardé de capteurs depuis près de treize ans. En 1998, ce volcan sous-marin de la dorsale Juan de Fuca était déjà entré en éruption. Le fond de la caldeira s'était alors affaissé de 3,20 m, chassant la roche en fusion hors de la chambre magmatique. Rapidement, les géologues ont disposé des instruments de mesure, notamment de pression, pour suivre les mouvements du plancher océanique dans le cratère. Un gonflement rapide (20 cm par an) ayant été mesuré, le dispositif s'est complexifié et suffisamment de données ont été recueillies pour qu'en 2006, les chercheurs publient leur pronostic : une nouvelle éruption aura lieu avant 2014.

Comprendre les cycles éruptifs

Pour arriver à ce résultat, l'équipe de l'université de l'Oregon a calculé le flux remplissant la chambre magmatique. Le gonflement au centre de la caldeira, stabilisé à 15 cm par an, correspondait à une arrivée de 14 millions de mètres cubes de magma chaque année dans la chambre. Partant de l'hypothèse qu'une nouvelle éruption aurait lieu lorsque le fond du cratère aurait récupéré les 3,2 m perdus en 1998, les chercheurs ont estimé la durée du cycle éruptif à seize ans.

Les pillow lavas, ou « laves en coussin », sont typiques des éruptions volcaniques sous-marines. Elles se forment lorsque la roche en fusion à plus de 1.250 °C entre en contact avec l'eau froide de l'océan. © NOAA, Wikipedia, DP

Bien sûr, avec trois ans d'erreur, la précision de l'annonce laisse encore à désirer... Mais loin des prévisions météo, l'idée est en fait de comprendre quels cycles rythment l'activité d'un volcan et de développer des méthodes de suivi permettant de savoir où il en est. C'est ce qui est également fait à terre, sur le Vésuve par exemple, dont l'éruption sur la ville de Naples aurait bien d'autres conséquences qu'une coulure de basalte en mer.

Les techniques développées ici, avec le suivi sismique et la télédétection, sont au tout début d'une future prévision des éruptions. Chaque volcan est différent, a certainement son propre cycle, et les résultats de cette étude ne peuvent pas être directement exportés. En revanche, comme le souligne Scott Nooner, « le suivi complet de la déformation de la caldeira du volcan sur l'ensemble du cycle, d'une éruption à l'autre, est une première mondiale ». Reste à savoir si Axial Seamount sera au rendez-vous dans treize ou seize ans, ou s'il se comportera totalement différemment... 

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