Chauffage et climatisation sont de grands consommateurs d'énergie. À l'inverse, de la chaleur est évacuée par l'activité humaine, comme les eaux issues des bassins de décantation. Alors pourquoi ne pas récupérer l'énergie issue des stations d'épuration ? © Dimj, Shutterstock

Planète

COP 21 : quand une station d'épuration chauffe un quartier

ActualitéClassé sous :développement durable , écoquartier , quartier Cap d'Azur

Un lotissement de Roquebrune-Cap-Martin, au bord de la Méditerranée, se chauffe et se rafraîchit en échangeant de la chaleur avec les eaux tièdes sortant de la station d'épuration voisine. Une solution de récupération d'énergie originale et plutôt simple.

Dans les Alpes-Maritimes, tout près de la frontière italienne, la station d'épuration de la commune de Roquebrune-Cap-Martin jetait jusque-là dans la mer Méditerranée les eaux traitées produites (donc propres) et dont la température varie entre 15 et 20 °C. En 2011 est née l'idée d'exploiter ces calories dans le nouveau quartier baptisé Cap Azur, situé à 500 m, et dont les sept bâtiments regroupent près de 300 logements ainsi que le centre communal de la petite enfance.

Désormais, cette eau tiède est envoyée dans des échangeurs qui transmettent sa chaleur à une « boucle d'eau tempérée » maintenue ainsi à la même température que les effluents de la station d’épuration. Dans chacun des sept bâtiments, des pompes à chaleur la communiquent au système de chauffage (avec de l'eau à 45 °C) et à l'eau chaude sanitaire (à 65 °C) ou bien à la climatisation. Ces pompes sont réversibles, produisant du chaud ou du froid.

Dès sa conception, le quartier Cap Azur, à Roquebrune-Cap-Martin, a intégré des dispositifs pour récupérer l'énergie et réduire sa consommation. © EDF, YouTube

L'énergie est récupérée aussi dans les appartements

Cette installation produit 4 kWh de chaud ou 4,5 kWh de froid pour 1 kWh d'énergie électrique consommée dans le fonctionnement. D'après EDF, l'ensemble évite l'émission de 190 tonnes de carbone par an, « soit 90 voitures ».

Les bâtiments eux-mêmes sont conçus pour une basse consommation, avec un pilotage à distance qui permet notamment d'arrêter le chauffage et la production d'eau chaude là où elle n'est pas nécessaire (par exemple dans les logements inoccupés en dehors des périodes de vacances). La chaleur ainsi économisée est alors distribuée pour être utilisée dans d'autres parties de l'écoquartier. C'est ce que l'on appelle « l'effacement », une solution rendue possible par un stockage d'eau temporaire. De plus, la chaleur des eaux usées provenant des appartements est récupérée pour être injectée dans le chauffage de l'eau sanitaire.

D'après EDF, le système répond à la totalité de la demande du quartier pour l'eau chaude sanitaire, le chauffage et le rafraîchissement. Sur cet apport, 70 % vient d'une énergie renouvelable (le recyclage de la chaleur des eaux issues de la station d'épuration) et 30 % du réseau électrique qui fait fonctionner les différents équipements (échangeurs, pompes à chaleur, systèmes de pilotage...).

Cela vous intéressera aussi