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Les émissions de CO2 stabilisées en 2009

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Coup de fatigue de l'industrie du côté des pays riches, montée en puissance dans les pays en développement : pour les émissions de dioxyde de carbone, l'un aurait compensé l'autre en 2009, estime l'agence hollandaise de l'environnement, qui n'a cependant pas compté plusieurs facteurs importants.

Les émissions de dioxyde de carbone dans le monde, en milliards de tonnes par an. Les pays industrialisés (courbe bleue, Etats-Unis, Europe, Japon, Russie...) les ont clairement réduites. Les autres pays, et surtout la Chine, continuent leur progression au rythme de l'amélioration du niveau de vie. © PBL

En 2009, les activités humaines n'ont pas envoyé dans l'atmosphère terrestre davantage de dioxyde de carbone (CO2) qu'en 2008. C'est ce qu'indique le rapport annuel de l'agence hollandaise de l'environnement (NEAA, Netherlands Environmental Assessment Agency, en anglais, PBL en hollandais). Les activités humaines ont produit 31,3 milliards de tonnes en 2009, comme en 2008.

C'est la première fois qu'une telle stagnation est observée depuis 1992. Par comparaison, les émissions en 1970 et en 1990 sont estimées, respectivement, à 15,5 et 22,5 milliards de tonnes.

L'étude, cependant, ne prend pas en compte les effets de la déforestation (et des feux de forêt) ainsi que de la décomposition de la biomasse. Les auteurs estiment qu'il faut ajouter environ 20% aux chiffres annoncés pour obtenir le montant réel des émissions.

Emissions comparées de CO2 par an (en milliards de tonnes) entre différents pays : Etats-Unis, Europe (EU-15), Japon, Fédération de Russie (Industrialised countries) et pays en développement (Developing countries). Le transport international est indiqué également. © PBL

Les pays industrialisés plus sobres

Le principal mérite de cet infléchissement de la courbe ne serait pas à attribuer aux mesures pour réduire les émissions de CO2 - que le rapport cite sans indiquer leur part - mais à la crise économique que traversent les pays développés et qui a ralenti l'activité économique. La baisse dans les pays riches, d'après la PBL, est de 7% (elle atteint 11% au Japon et en Russie, contre 7% aux Etats-Unis et en Europe).

Si le total est resté constant à l'échelle de la planète, c'est que la Chine et l'Inde ont, elles, augmenté leurs émissions, de 9 et 6%. Avec 8,1 milliards de tonnes, soit deux fois plus qu'en 2000, la Chine est désormais le premier émetteur mondial de CO2.

Au début de l'année, deux auteurs américains soulignaient l'importance des délocalisations industrielles et des échanges commerciaux dans ces bilans planétaires et relativisaient l'intérêt de calculs d'émissions à l'intérieur des frontières. Si les Chinois sont industrieux, c'est aussi pour fabriquer des produits consommés aux Etats-Unis ou en Europe.

Une autre manière de compter est de rapporter les quantités émises au nombre d'habitants du pays. Les différences restent très nettes. Un habitant des Etats-Unis, selon le rapport de la PBL, émet 17,2 tonnes de CO2 par an contre 6,1 tonnes pour un Chinois... et pour un Français. L'Indien, lui, se contente de 1,4 tonne.

Mais, à cette aune, la situation est en train de changer rapidement. En 1990, le même Chinois était responsable d'une émission de 2,2 tonnes seulement et a donc presque triplé son score en 20 ans. Or, dans la même période, l'habitant des Etats-Unis a, lui, réduit sa facture de gaz à effet de serre, passant de 19,5 à 17,2 tonnes annuelles. En Europe, nous dit la PBL, les émissions par personne ont diminué aussi, de 9,1 à 7,9 tonnes par an.

Les courbes des uns et des autres vont-elles se croiser ou se rejoindre ? A plus court terme, se demandent les auteurs, quelle sera l'influence d'une reprise économique dans les pays riches ? Réponse dans le prochain rapport. Il est annuel...

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