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Les côtes de l'Arctique plus vertes avec la fonte de la banquise

ActualitéClassé sous :climatologie , banquise , glacer de mer

L'Arctique verdit. Le changement climatique actuel affaiblit la banquise, qui se forme en automne, mais disparaît de plus en plus l'été. Les algues marines en sont affectées, et ce sont tant les chaînes alimentaires terrestres que marines qui se voient modifiées.

La superficie de la banquise en été tend à diminuer depuis 30 ans. Une tendance similaire s'observe pour son épaisseur, ce qui fragilise encore plus les étendues de glace. Sur cette photographie, le contraste est saisissant entre les morceaux de banquise épais (en blanc) ou au contraire très minces, voire presque transparents (en gris). © Nasa, Flickr, cc by 2.0

La banquise arctique se forme en automne, se consolide en hiver, puis fond partiellement au printemps et en été. Depuis quelques décennies, le changement climatique entraîne une glace de mer plus mince, qui fond presque entièrement par endroits en été. Sur ces 30 dernières années, la surface de la banquise a diminué de 30 %. En 2012, la glace de mer a atteint son record de fonte, reculant de 3,41 millions de km2.

Un pareil déclin de la banquise ainsi que les conditions actuelles de réchauffement modifient la végétation des côtes arctiques, ainsi que la faune dans son ensemble. Une question qui anime actuellement un nombre croissant de scientifiques est de déterminer si le retrait de la glace de mer ne favoriserait pas le développement de la toundra le long des côtes arctiques. En outre, quelle est la réponse de la faune terrestre et aquatique ? Pour répondre, une équipe internationale a réuni dix ans de données sur la faune et la flore arctiques, ainsi que sur l'évolution du climat local.

La glace de mer de l'Arctique a atteint un record de fonte en septembre 2012. Son étendue aurait diminué de 3,41 millions de kilomètres carrés. Si le réchauffement climatique joue clairement un rôle dans le recul des glaces, ce record a été atteint à cause d'un phénomène météo rare. © Jeremy Potter, NOAA

L'étude, publiée dans la revue Science, fait le lien entre le retrait de la glace de mer et les modifications des chaînes alimentaires marines et terrestres. La diminution de la glace de mer réduit la production d'algues marines, qui sont pourtant les fondements de la chaîne aquatique. En Arctique, il apparaît que le plancton devient plus gros, mais moins nutritif que le plancton petit et dense normalement formé. Aujourd'hui, on ne peut expliquer cette réponse du plancton ni connaître les éventuelles conséquences sur le reste de la chaîne.

En Arctique, les animaux migrateurs s’isolent

Le retard dans la formation de la banquise, son amincissement et son dégel rapide modifient les voies des animaux migrateurs. Certaines voies se ferment peu à peu, tandis que d'autres s'ouvrent, perturbant ainsi l'écologie de bon nombre d'animaux marins. Il est probable que certains biomes, qui vivent dans les parties les plus septentrionales de l'Arctique, s'isolent de plus en plus. Ils pourraient disparaître sur le long terme, à mesure que la glace de mer recule.

Avec une banquise moins étendue, les côtes arctiques se réchauffent et offrent un nouveau terrain pour le développement de plantes. Le scientifique Donald Walker, impliqué dans l'étude, rapporte que le verdissement de l'Arctique s'observe très bien depuis l'espace. Pour vérifier cette tendance à la densification de la végétation, l'équipe a examiné les données de télédétection de 1982 à 2010 de la couverture de glace, de la température de surface et des changements de végétation.

L'étude pointe néanmoins le doigt sur un phénomène curieux et difficile à expliquer. Le réchauffement global entraîne le verdissement des terres arctiques d'Amérique du Nord. En mer de Béring et dans le nord de la Russie, la tendance est différente. Actuellement, on observe un refroidissement local, la banquise décline moins, voire se stabilise, et la production de végétation est en déclin. Personne ne peut expliquer clairement pourquoi l'Arctique répond de la sorte au changement climatique. Ces résultats nous rappellent à quel point le système climatique en général, et le climat arctique ici, sont des systèmes non linéaires et complexes. La Terre réagit au changement climatique, mais il est difficile de comprendre sa réponse.

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