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Banquise arctique : fonte historique en 2012 !

C’est officiel, la banquise arctique n’aura jamais été si peu étendue que cette année, du moins depuis la mise en place de son suivi par satellite en 1979. Et la saison de fonte n’est pas encore terminée !

Étendue de la banquise (en blanc) mesurée ce 26 août 2012. La ligne jaune délimite la surface qu'elle occupait en moyenne à la même époque entre 1979 et 2010. Malheureusement, la saison des fontes n'est toujours pas terminée. © Nasa Goddard Photo and Video, Flickr, CC by 2.0 Étendue de la banquise (en blanc) mesurée ce 26 août 2012. La ligne jaune délimite la surface qu'elle occupait en moyenne à la même époque entre 1979 et 2010. Malheureusement, la saison des fontes n'est toujours pas terminée. © Nasa Goddard Photo and Video, Flickr, CC by 2.0  

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L’Arctique n’échappe pas au rythme des saisons : des hivers froids succèdent à des étés plus chauds. Ce cycle a bien évidemment une influence majeure sur la taille de la banquise. Elle grandit en automne et en hiver et fond partiellement au printemps et en été. Depuis 1979, ce phénomène cyclique est constamment observé et quantifié avec une grande précision grâce à de nombreux satellites. Malheureusement, leurs précieuses données sont depuis quelques années la source de vives émotions et 2012 n’échappe pas à la règle.

Un record historique annoncé depuis plusieurs semaines vient d’être battu. La surface de la banquise en cette saison n’a jamais été aussi petite depuis la mise en place du suivi ! Les glaces recouvraient ce 26 août une superficie de 4,1 millions de km², soit 70.000 km² de moins que le 18 septembre 2007, année détentrice du triste record jusqu’alors. Mais la saison de fonte n’est pas encore terminée puisqu’elle prend habituellement fin durant la seconde moitié du mois de septembre...

La superficie de la banquise en été tend à diminuer constamment depuis 30 ans. Une tendance similaire s'observe pour son épaisseur, ce qui fragilise encore plus les étendues de glace. Sur cette photographie, le contraste est saisissant entre les morceaux de banquise qui sont épais (en blanc) ou au contraire très minces, voire presque transparents (en gris). © Nasa, Flickr, CC by 2.0
La superficie de la banquise en été tend à diminuer constamment depuis 30 ans. Une tendance similaire s'observe pour son épaisseur, ce qui fragilise encore plus les étendues de glace. Sur cette photographie, le contraste est saisissant entre les morceaux de banquise qui sont épais (en blanc) ou au contraire très minces, voire presque transparents (en gris). © Nasa, Flickr, CC by 2.0

Une banquise réduite de 40 % en 30 ans

Cette annonce a été faite conjointement par la Nasa et le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) basé à Boulder dans le Colorado (États-Unis). Elle repose sur l’analyse de données récoltées par des radiomètres SSM/I (pour Special Sensor Microwave/Imager) embarqués à bord de satellites du « US Defense Meteorological Satellite Program » (DMSP).

En moyenne, la surface des glaces périannuelles (subsistant à la fin de l’été), tendrait à diminuer de 13 % par décennie. Ainsi, leur étendue aurait été réduite d’environ 40 % depuis le début des observations voici plus de 30 ans. Plusieurs modèles ont prévu la disparation complète de la banquise arctique en été d’ici la fin du siècle. Selon les données de cette année, cet événement majeur pourrait survenir plus tôt que prévu.

L’Arctique sensible aux activités humaines

À l’inverse de 2007, l'année 2012 n’a pas été marquée par des températures anormalement hautes. D’autres explications doivent donc être trouvées pour justifier cette fonte record. Les activités anthropiques sont bien évidemment pointées du doigt. L’Arctique est en effet particulièrement sensible aux conséquences du réchauffement climatique. Une autre problématique jouerait également un rôle important : la baisse de la réflexivité des glaces. La surface des étendues gelées devient de plus en plus sombre notamment suite à des dépôts de suie insuffisamment recouverts par de la neige fraîche. Par conséquent, la banquise absorbe mieux la chaleur et fond plus rapidement.

Le record de cette année adresse un nouveau signal d’alarme aux scientifiques, mais il représente une aubaine économique dans d'autres secteurs. Plusieurs armateurs pourraient en effet ouvrir une nouvelle voie maritime pour rejoindre la Chine à partir de l’Europe en passant par le nord de la Russie et la mer de Béring. Ce raccourci de 7.000 km par rapport au trajet conventionnel leur permettrait de faire de précieuses économies de carburant, tout en augmentant le nombre de rotations dans l’année. D'autres bénéficiaires pourraient être... les baleines. Durant l'été 2011, certaines ont déjà profité de l'eau libre pour visiter le Canada, venant du Pacifique et de l'Atlantique.

De leur côté, les compagnies pétrolières ne sont pas en reste. Plusieurs navires d’exploration ont déjà pris la mer à la recherche de gaz et de pétrole au sein de régions fraîchement libérées par les glaces, pour dénicher des réserves que certains estiment colossales.


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