Alors que l’Australie connaît une sécheresse sans précédent, de nombreux incendies, dont certains criminels, ravagent depuis plusieurs jours le sud-est du continent où plus d’une centaine d’habitants ont déjà péri. La population somme le gouvernement d’agir contre le réchauffement.
Cela vous intéressera aussi

Même si elle n'est pas la cause avérée des multiples incendies dont le bilan des pertes humaines ne cesse d'augmenter d'heure en heure, la sécheressesécheresse due à certaines circonstances exceptionnelles, dont on ne saurait exclure le réchauffement climatiqueréchauffement climatique, ne peut que favoriser la propagation des foyersfoyers et en aggraver les conséquences. Le week-end dernier, la température a frôlé les 47°C à Melbourne même, la deuxième ville du pays, une valeur sans précédent pour un mois de février, où l'Armée a été déployée pour venir épauler le travail des 3.000 pompiers complètement dépassés par l'ampleur et l'étendue de la catastrophe.

« L'enfer dans toute sa fureur s'est abattu sur la population de l'Etat du Victoria depuis 24 heures. Beaucoup sont morts, beaucoup ont été blessés », déclarait dimanche à la presse le premier ministre John Brumby. Depuis, le feufeu a continué ses ravages et entièrement détruit, sinon rayé de la carte, l'agglomération de Marysville, considérée comme un des plus beaux hameaux d'Australie.

Une vague de chaleur sans précédent

L'Australie subit actuellement une situation climatique sans précédent, avec des températures jamais atteintes de mémoire d'homme pour un mois de février (correspondant au milieu de l'été dans l'hémisphère sudhémisphère sud), mais aussi une sécheresse exceptionnelle et des ventsvents violents. Réunis, ces facteurs contribuent non seulement au déclenchement de feux dans une région particulièrement boisée, mais aussi à leur propagation. Et comme toujours dans ces circonstances, les instincts criminels de certains pyromanes se réveillent, les autorités ayant averti que ceux-ci, dont certains ont déjà été appréhendés, seront jugés pour homicide.

Déjà en 2007, le pays avait connu une sécheresse exceptionnelle, entraînant une réduction de 10% de la production agricole et de nombreuses faillites. Celle-ci aggrave donc une situation déjà fragilisée, et les scientifiques ne peuvent ignorer la part de responsabilité du réchauffement climatique dans ce processus qui, même s'il n'en constitue qu'une des causes, contribue largement à l'aggravation de conséquences.

« Le réchauffement, le climatclimat et la sécheresse modifient la nature, la férocité et la duréedurée des feux de brousse », affirme à l'AFP Gary Morgan, chef du Centre de recherche Bushfire Coopérative de Sydney. Mark Adams, spécialiste des incendies à l'université de Sydney, témoigne, à la même agence : « e n'ai jamais vu des conditions climatiques aussi extrêmes que celles qui ont été observées samedi. ».

De telles sécheresses seront-elles plus fréquentes à l'avenir ?

L'association écologiste Greenpeace, estime quant à elle que « l'Australie risque des épisodes de sécheresse plus fréquents, des températures plus élevées, des feux plus intenses, de même des cyclonescyclones et des inondationsinondations aux conséquences plus lourdes ».

L'Australie, du fait de sa position et de sa sécheresse, est l'un des endroits les plus exposés aux conséquences du réchauffement climatique en cours, qui s'y fait nettement ressentir, selon les experts, depuis les années 1950. Selon les scientifiques, et en particulier le climatologueclimatologue australien Kevin Hennessy, la hausse des températures devrait se poursuivre et entraîner une augmentation de 3°C à l'horizon 2050, principalement dans les régions tropicales du nord du pays ainsi que dans les zones désertiques, accentuant les sécheresses et augmentant le risque d'incendie.

« Ces tout derniers jours, nous avons eu un aperçu de ce que serait notre futur », conclut Christine Mine, porte-parole du parti écologiste australien.

Des ingénieurs australiens ont mis au point une application servant à localiser en temps réel les incendies au moyen de GoogleGoogle Maps. Les données sont alimentées par la Country Fire Authority de l'Etat de Victoria via un flux RSSRSS, et suit la progression des feux en temps réel. Sur la carte apparaissent des repères de couleurcouleur correspondant à des niveaux précis : vert = sécurisé ; jaune = contrôlé ; orange = en cours ; rouge = non maîtrisé.