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Un atlas en ligne pour observer le mont Blanc

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Le mont Blanc vaut bien un site ! Les nombreux chercheurs qui étudient ce massif alpin, particulièrement sensible au changement climatique, viennent de mettre en ligne un atlas synthétisant nos connaissances. On peut y explorer des cartes et consulter près de 200 études.

La cartographie est l'aspect le plus spectaculaire de L'Atlas du mont Blanc. Tout y est, comme cette carte de l'enneigement du massif. Mais la plus grande richesse est à chercher parmi les 194 études, accessibles par un moteur de recherche renvoyant sur des documents ou d'autres sites. On y découvrira les connaissances actuelles sur la biologie, la géologie, l'écologie et la météorologie du massif. © Atlas du mont Blanc

À quoi ressemblera le toit de l'Europe dans 100 ans ? C'est à cette question que prétend répondre l'atlas en ligne du mont Blanc en scrutant l'impact du changement climatique sur ce massif emblématique, qui concentre des milieux naturels très divers. Destiné à la communauté scientifique mais aussi au grand public, ce nouvel outil vient d'être officiellement lancé ce lundi 27 mai, à Chamonix, station des Alpes françaises au pied du mont Blanc.

« Le changement climatique, on en parle beaucoup mais c'est un peu abstrait. Là, on voulait montrer son impact visuel à l'échelle du mont Blanc, c'est plus percutant », explique Anne Delestrade, directrice du Centre de recherche sur les écosystèmes d'altitude (CREA).

Financé notamment par l'Union européenne, le site Web présente de nombreuses photos, vidéos et cartes (dont certaines en 3D) montrant l'évolution des températures, la fonte des glaciers ou la répartition de la végétation. Les auteurs du projet ont recensé les 1.534 espèces de plantes et 172 espèces de vertébrés du massif du mont Blanc (4 amphibiens, 9 reptiles, 111 oiseaux et 48 mammifères) et établi une carte précise des habitats naturels.

Une des nombreuses cartes disponibles sur le site de L’Atlas du mont Blanc : enrichie des noms de lieux, celle-ci montre les types de milieux naturels que l'on y rencontre. © Atlas du mont Blanc

Une cartographie dessinée jusqu'en 2100

On y découvre notamment que d'ici à 2100, il faudra monter à plus de 4.083 m en juillet pour trouver des températures négatives, soit 700 m plus haut qu'aujourd'hui. Les parties gelées représenteront moins de 10 km2 pendant le mois le plus chaud de l'année, contre 70 km2 entre 1950 et 2000.

« Le changement climatique aura des impacts sur la fonte des glaciers, la faune et la flore, souligne Anne Delestrade. Il risque aussi d'y avoir plus d'éboulement car le pergélisol [ou permafrost, sol perpétuellement gelé, NDLR] joue un rôle de ciment entre les rochersLa sécurité sera à revoir. »

Des cartes montrent le retrait des glaciers du massif, passés d'une surface totale de 450 km2 en 16.000 avant notre ère à 230 km2 en 1850, et à seulement 160 km2 en 2000. L'évolution des espèces de la flore alpine est examinée avec précision, à travers l'exemple de l'épicéa commun (famille des sapins) et de la renoncule des glaciers, une fleur habituée aux conditions climatiques extrêmes, qui devrait voir sa zone de prédilection réduite de 70 % d'ici à 2100.

Les cartes (parfois en relief, comme celle-ci) montrent également la distribution de différentes espèces. On voit ici celle de la renoncule des glaciers de 1951 à 2000. D'ici à 2100, les renoncules seront plus rares, plus disséminées et à plus haute altitude. © Atlas du mont Blanc

Le mont Blanc : un laboratoire pour les modifications du climat

« L'évolution des paysages sera assez marquée, résume Anne Delestrade. Les forêts vont aller plus haut en altitude et certaines espèces alpines vont voir leur territoire se réduire. » L'épicéa devrait lui voir son territoire s'étendre en altitude, mais il risque de souffrir d'un manque d'eau en été dans certaines zones.

Ces évolutions sont d'autant plus intéressantes à étudier que le mont Blanc, qui culmine à 4.810 mètres, concentre sur une petite échelle des milieux naturels très diversifiés. « On observe sur quelques kilomètres de distance (...) une transition rapide de végétation et d'environnements, correspondant aux environnements que l'on pourrait rencontrer en passant de la Méditerranée au Groenland », remarque Martin Beniston, climatologue à l'université de Genève, cité dans le dossier de présentation de l'atlas. 

Les études menées sur les glaciers, la faune, la flore et le climat du mont Blanc peuvent ainsi être extrapolés à d'autres endroits du monde. D'autant que le changement climatique est plus rapide sur ces massif qu'ailleurs, avec un réchauffement de +1,5 °C au XXe siècle, contre +0,5 °C dans le reste du monde. L'atlas, qui sera actualisé au fil du temps, rassemble 194 études de sciences environnementales sur le massif du mont Blanc réalisées par 65 organismes de recherche (universités, laboratoires, administrations) en France, Italie et Suisse.

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