Si l'essentiel des 8 tonnes du module Tiangong 1 se désintégrera lors de sa rentrée atmosphère, il n'est pas exclu que des morceaux des parties les plus denses du module tombent sur la terre ferme. © ESA

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Le module orbital Tiangong 1, hors de contrôle, doit retomber sur Terre en 2017

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Au-dessus de nos têtes, tourne le module chinois Tiangong 1. Cette structure de plus de 8 tonnes et mesurant plus de 10 mètres est hors de contrôle. Lorsqu'elle tombera sur Terre courant 2017, des morceaux d'une centaine de kilogrammes risquent de s'écraser au sol... ou plutôt dans l'océan.

Le lancement réussi du module orbital Tiangong 2, survenu le 8 septembre 2016, ne doit pas faire oublier que, depuis plusieurs mois, la Chine a perdu le contrôle de Tiangong 1. Il est aujourd'hui en orbite à 358 kilomètres et, chaque jour, il perd plusieurs mètres d'altitude. L'orbite terrestre contient des milliers de satellites et quelques étages de lanceurs hors de contrôle mais ces satellites en fin de vie n'ont pas une masse de plus de 8 tonnes et ne mesurent pas plus de 10 mètres comme c'est le cas de Tiangong 1 !

Lancé en septembre 2011, ce module inhabité est resté opérationnel pendant deux ans au cours desquels trois missions Shenzhou, dont deux étaient habitées, sont venues s'amarrer. Il a surtout été utilisé pour expérimenter le rendez-vous automatique et la vie dans l'espace, quand les équipages des missions Shenzhou 9 et 10 ont séjourné à bord du module orbital. Ce dernier devrait effectuer une rentrée destructive non contrôlée dans la seconde moitié de l'année 2017. Vous pouvez suivre chaque jour son évolution autour de la Terre en consultant le site Internet Satflare.

Le risque de dégâts ou d'assommer quelqu'un est réduit mais il existe tout de même. En effet, si la plupart des parties du module devraient se désintégrer et partir en fumée lors de la rentrée atmosphérique, quelque 10 % de sa structure, dont ses moteurs et des morceaux de 100 kilogrammes, pourraient retomber au sol. Par ailleurs, il ne sera possible de prédire exactement où tomberont ces débris que quelques heures avant la rentrée atmosphérique de Tiangong 1.

Un délai forcément court si le module devait faire sa rentrée au-dessus d'une zone à forte densité de population mais, compte tenu de la superficie des océans (70,71 % de la superficie totale de la Terre), il y a de grandes chances que les morceaux de Tiangong 1 terminent leur course au fond de l'eau.

Lancé en septembre 2011, Tiangong 1 est le premier module orbital lancé par la Chine. Lui et Tiangong 2, lancé en septembre 2016, préfigurent les futurs modules de la Station spatiale chinoise prévue à l'horizon 2020. © CNSA

L'occasion de préparer la rentrée destructive de l'ISS

Cela dit, cet évènement pourrait être une occasion inespérée de préparer la rentrée destructive de la Station spatiale internationale (ISS). En effet, dans le courant de la décennie 2020, la décision sera prise de désorbiter l'ISS... ce qui ne sera pas une mince affaire. La masse de la Station dépasse les 400 tonnes et, avec son envergure de 109 mètres, elle est aussi vaste qu'un terrain de football. « Personne ne sait exactement comment vont se comporter les modules lors de leur désintégration dans l'atmosphère », nous expliquait, en février 2015 Massimo Cislaghi, responsable de la mission ATV-5.

À l'époque, l'idée était d'utiliser le dernier ATV, l'ATV-5 Georges Lemaître, pour simuler la rentrée du complexe orbital, préparer au mieux sa désorbitation future et comprendre comment la Station se désintégrera dans l'atmosphère terrestre. Malheureusement, un ennui technique à bord de l'ATV-5 a contraint l'Agence spatiale européenne (ESA) à renoncer à cette simulation.

Certes, l'angle et la vitesse de rentrée de Tiangong 1 ne seront pas représentatifs de la rentrée de l'ISS mais, tout de même, sa destruction dans l'atmosphère terrestre sera riche d'enseignements. Surveillée depuis le sol, voire par des avions et l'équipage de l'ISS si les conditions s'y prêtent, la fragmentation des débris devrait nous renseigner sur la façon dont se disloqueront les modules de l'ISS.