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Les trois taïkonautes sont à bord de Tiangong-1 !

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La Chine continue de marquer des points dans l'espace. Les trois taïkonautes, lancés dans l'espace samedi, sont entrés à bord de Tiangong-1, un module en orbite depuis septembre 2011.

Petite visite du propriétaire pour les trois membres d'équipage de Shenzhou-9 qui découvrent les 10 m du module orbital Tiangong-1. © CNSA

Après un lancement parfait et un voyage sans histoire à la poursuite de Tiangong-1, l'équipage de Shenzhou-9 a réussi à s'y amarrer. Les trois taïkonautes, dont la première femme chinoise envoyée dans l'espace, sont ensuite entrés à l'intérieur sans combinaison spatiale. Devant les caméras de la télévision d'État, qui retransmettait l'événement en très léger différé, ils ont fait le tour du propriétaire et salué le peuple chinois.

Si vu d'en bas, cela peut sembler simple, ce que réalisent les Chinois en orbite n'est pas aisé. Amarrer ensemble deux engins spatiaux lors d'un vol habité est une performance que seules deux autres nations, l'ex-URSS et les États-Unis dans les années 1960, ont eu la volonté politique et les capacités financières et technologiques de réaliser.

Un premier rendez-vous spatial habité qui en appelle d’autres 

Si l'on se fie au planning initial de la mission, deux des trois membres de l'équipage de Shenzhou-9 devraient séjourner une petite semaine à l'intérieur du module orbital, le troisième taïkonaute rejoignant la capsule orbitale pour parer à toute éventualité susceptible de mettre en danger la mission. Les taïkonautes à bord de Tiangong-1 réaliseront quelques expériences et testeront sa fonctionnalité pour voir quelles améliorations apporter à la génération suivante des modules Tiangong.

Mis en orbite en septembre 2011, le module orbital Tiangong-1 est désormais habité par des taïkonautes. © CCTV4

Long de 10,4 m et de forme cylindrique, Tiangong-1 se compose de deux éléments. Un module de service, au diamètre plus réduit, et un module pressurisé à l'intérieur duquel les taïkonautes peuvent vivre et travailler en sécurité. Il sera une nouvelle fois visité par un équipage en 2013 (Shenzhou-10) puis désorbité cette même année, sans date précise encore. Il sera ensuite remplacé par Tiangong-2, une version évoluée de Tiangong-1 aux fonctionnalités plus avancées, qui tiendra compte du retour d'expérience des équipages qui auront séjourné à bord de Tiangong-1.

Une station spatiale en préparation

Après Tiangong-2, la Chine devrait lancer une troisième version très représentative des modules qui seront utilisés pour la construction de la future station spatiale chinoise. En particulier, il sera doté d'un port d'amarrage pour permettre à un cargo spatial de venir le ravitailler. Ces cargos seront conçus à partir de l'architecture des modules Tiangong-1.

Si le retour de ces deux activités à bord de Tiangong-1 est très attendu des responsables du programme spatial chinois des vols habités, le gouvernement chinois a d'autres visées. Il souhaite montrer au reste du monde sa puissance et ses capacités spatiales, au peuple chinois toute l'utilité d'envoyer des Hommes dans l'espace pour le bien du pays. Tout comme ce fut le cas en Russie et aux États-Unis, ces exploits à répétition pourraient bien stimuler le public pour l'apprentissage des sciences, de l'ingénierie et des mathématiques, et créer des vocations.

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