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Définition de la vie artificielle

Dossier - Introduction à la vie artificielle
DossierClassé sous :robotique , vie artificielle , vie

Jérôme Damelincourt

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Une introduction passionnante à la vie artificielle : définition, propriétés, applications, à travers les notions de cognition située, système multiagents, réseaux neuronaux...

  
DossiersIntroduction à la vie artificielle
 

Pour la vie artificielle, il n'existe pas de définition aussi générique que celle de Maturana et Varela.

Comment définir la vie artificielle ? © FS - Domaine public

Le terme de vie artificielle est apparu en 1989 lors de la première conférence de Santa Fe. D'ailleurs aujourd'hui encore, l'université de Santa Fe reste le principal lieu de ce domaine. La définition donnée lors de cette conférence par Langhton est « l'étude de systèmes construits par l'Homme qui présentent des comportements caractéristiques des systèmes vivants naturels ».

Aujourd'hui il est clair que cette définition est vague et incomplète. Mais elle a eu le mérite de créer un nouveau domaine de recherche qu'est la vie artificielle. Lors de la création du site VIA, nous avons réfléchi longuement à une définition pertinente de notre vision de la vie artificielle. Elle a l'avantage d'avoir été réalisée par un groupe d'étudiants ayant des approches différentes (informatique, biologie, robotique, sciences cognitives, intelligence artificielle...). De plus ce groupe était encadré par John Steward, biologiste reconnu.

Nous avons opté comme J. Doyne Farmer et Alleta d'A. Belin pour une liste de propriétés minimales. Les différentes discussions sur le forum ont montré que les internautes avaient une vision cohérente avec la notre.

Voici donc ces propriétés.

Les caractéristiques premières de la vie artificielle

  • L'être humain a contribué au processus d'apparition de tout système de vie artificielle. Évidemment nous ne pouvons pas parler d'un produit artificiel si nous le trouvons dans la nature. 
  • Un système de vie artificielle est autonome. Il n'existe pas de robot ayant une complète autonomie (énergétique, fonctionnelle, indépendant de son environnement) ;
  • Un système de vie artificielle est en interaction avec son environnement. Il en a une perception et parfois même une représentation. Cette perception aura une influence sur les actions de ce système ; 
  • Il y a émergence de comportements dans un système de vie artificielle. Pour la notion précise d'émergence de comportements, vous pourrez vous référer à Van de Vijver (« émergence et explication », numéro spécial Emergence and explanation, Intelletica vol2 n°25, 1997). Disons que pour simplifier cela correspond à un comportement résultant d'une coordination spécifique et non prévue à l'intérieur du système (cette coordination n'est pas programmée) d'un ensemble de fonctions basiques. Un exemple assez frappant est les flies.

D'autres propriétés ne sont pas indispensables mais restent néanmoins très présentes.

  • Un système de vie artificielle peut se reproduire lui-même. Cette propriété très intéressante ne peut pas actuellement être réalisée dans des domaines fortement présents de la vie artificielle comme la robotique. Néanmoins elle a contribué à l'un des succès de la vie artificielle (avec les automates cellulaires par exemple) ;
  • Un système de vie artificielle possède une capacité d'adaptation. Là aussi cela dépend des domaines, nous retrouvons cette capacité d'adapter (c'est à dire la possibilité d'utiliser un comportement prévu pour une perception A pour un comportement A' proche du comportement A) en robotique, pour les mondes virtuels... Mais par exemple les automates cellulaires ne possèdent pas cette propriété, par contre elle est très présente en robotique ;
  • Un système de vie artificielle n'est pas une unité. À l'opposé de la vie, un système de vie artificielle peut être réparti en plusieurs endroits : exemple, un robot et un ordinateur peuvent effectuer les calculs reliés par ondes. Même à l'intérieur d'un ordinateur, rien ne garantit que les octets de ce système sont tous regroupés.

Les théories qui diffèrent 

Tout comme John Steward considère que les virus ne sont pas vivants, en utilisant notre définition nous ne classons pas les virus informatiques dans la vie artificielle (pas de comportement émergent).

Le point de vue de Jean-Claude Heudin est un peu différent. Il estime que les acteurs du domaine devaient se revendiquer comme acteur de la vie artificielle pour considérer que ce domaine appartient effectivement à la vie artificielle.