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Un papier électronique innovant chez Bridgestone

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Le papier à encre électronique se situe depuis plusieurs années au centre des convoitises de plusieurs fabricants de matériel informatique. Mais curieusement, c'est du fabricant japonais de pneus Bridgestone que provient la dernière innovation, dont la surface (vaste), le nombre de nuances (4.096) et l'épaisseur (faible) pourraient faire la différence.

Présentation du prototype par le président de Bridgestone au salon FDP. Crédit Newlaunches

Le papier électronique, aussi dénommé e-papier ou papiel selon affinités, cherche avant tout à imiter l'aspect d'une feuille imprimée, tout en respectant finesse et souplesse. Sa caractéristique principale est de ne consommer de l'énergie que lors des changements d'affichage, ce qui en fait un support non seulement léger, mais de très longue autonomie.

Le tout premier prototype en a été développé dans les années 1970 au Palo Alto Research Center de Xerox, et comportait un film mince de silicone transparent servant de support à des micro-sphères de polyéthylène de 20 micromètres de diamètre. Celles-ci formaient chacune un dipôle électrostatique dont une face était blanche, l'autre noire, baignant librement dans une bulle d'huile. La tension appliquée déterminait la position de chaque sphère, dont l'ensemble formait une trame capable d'afficher images ou texte.

Plus de trois décennies de recherches ont considérablement perfectionné le dispositif, et les microsphères ont été abandonnées au profit d'autres dispositifs, dont des transistors à effet de champ organiques enchâssés sur un substrat flexible, ou même sur du papier ordinaire. Ceux-ci n'existent encore cependant qu'au niveau du laboratoire. Certains permettent l'affichage des couleurs, les pixels étant alors regroupés sous une trame de filtres colorés, à l'instar d'un tube TV cathodique.

L'e-papier Bridgestone

Lors du dernier salon Federal Panel Displays (FDP) des écrans plats à Yokohama, près de Tokyo, Bridgestone a dévoilé un prototype unique de papier électronique couleurs de la dimension d'une feuille A3 (soit 297 x 420 mm), pouvant afficher 4.096 couleurs sous une résolution de 75 points par pouce (30 points au centimètre) avec un temps de réponse de 0,2 milliseconde. On est certes encore loin des capacités d'une imprimante bas de gamme, mais selon Bridgestone, ce papier présente le plus grand nombre de nuances de couleurs sur la surface la plus étendue et constitue une première permettant d'envisager plusieurs applications.

La firme japonaise a aussi dévoilé un papier électronique flexible de 20,3 centimètres de diagonale, toujours en 4.096 couleurs, mais de seulement 0,29 mm d'épaisseur, un record. Celui-ci serait plutôt destiné à la diffusion de journaux numériques.

Selon le fabricant, le marché visé serait surtout celui des commerces, en proposant un système d'étiquettes à affichage électronique à l'instar de ce qui existe déjà dans certaines chaînes de grandes surfaces, mais non consommatrices d'énergie. Les panneaux publicitaires de plus grande taille constituent aussi un objectif de choix. Bridgestone annonce aussi que ce sont des découvertes effectuées lors de ses nombreuses recherches sur les matériaux utilisés pour la fabrication des pneus qui lui ont permis de s'orienter vers le papier électronique.

Le premier modèle entrerait en production de masse dès 2008, le second en 2009, selon Bridgestone.

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