La co-innovation peut servir de nombreux domaines. © Ipopba, Adobe Stock
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La co-innovation : le facteur X de la science

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Lancé à l'occasion de la publication de la première revue papier de Futura, un sondage organisé en collaboration avec EDF Pulse & You sur la co-innovation et la science en montre l'intérêt et la légitimité.

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La science et ses avancées sont plus que jamais au cœur de l'actualité avec tous les bouleversements que connaît le monde actuellement. Est-ce que la co-innovation peut ou doit participer ? Sur quels sujets ? Selon quelles modalités ? C'est tout l'enjeu d'un sondage mené en collaboration entre Futura et EDF Pulse & You en décembre 2021. Le sujet s'est révélé passionnant vu l'engouement de réponses et les premiers enseignements, en attendant de découvrir l'intégralité des réponses publiées dans la première revue papier de Futura.

« Tous les sujets peuvent être abordés, c'est même l'essence de l'innovation de dépasser les limites perceptibles »

Selon les participants, un projet de co-innovation doit avoir un impact multiple : à 82 % d'ordre écologique (82 %) mais aussi sur la science (à 73 %) et sur la société (à 64 %). Seuls 39 % se positionnent en faveur d'un impact économique, qui semble secondaire, sans doute parce que c'est plus un moyen qu'une fin en soi. Les sujets les plus attendus concernent l’environnement (79 %), la technologie (70 %), l’énergie (70 %) ou encore la science (63 %). En revanche les sujets très clivants, trop stratégiques ou trop experts, par exemple la politique, semblent moins propices à la co-innovation. Un des participants souligne d'ailleurs la nécessité de devoir aussi croiser les sujets : « On prend trop souvent les sujets les uns après les autres au lieu de penser plus global. C'est l'enjeu pour notre espèce. » L'essentiel pour un autre est que « cela ne serve pas un individu ou un groupe d'individu au profit d'un autre, il faut que tout le monde soit gagnant ».

« La co-innovation peut faire avancer la science en bousculant les idées ou concepts établis en apportant des idées farfelues ou originales »

Concernant la science particulièrement, la co-innovation permet de bousculer les certitudes et favorise la remise en question, à condition qu'elle soit réellement pluridisciplinaire. « La co-innovation permet à plusieurs individus maîtrisant différentes compétences et issus de domaines variés de discuter et de tenter de concrétiser une idée voire plusieurs. Ces idées permettraient ainsi de faire avancer la science », explique notamment un participant. Autre vertu : elle encourage la démocratisation des sujets et implique le citoyen dans les sujets scientifiques. Même les plus « clivants qui reposent sur des bases idéologiques non fondées sont favorables à la co-innovation car ils mettent sur la table des idées contradictoires et alimentent le travail du co-innovateur ».

La co-innovation recentre aussi sur l'usage réel des innovations et favorise l'appropriation par le grand public comme ce souhait de « créer plus de ponts entre la science et le monde économique / la société : la co-innovation peut à mon sens permettre de mieux faire le lien entre des avancées scientifiques (en matière de connaissances, de technologies, etc.) et leur implémentation concrète dans la vie de tous les jours, pour qu'elles puissent réellement avoir un impact sur la société ». 

De la co-innovation peuvent émerger des idées utiles et bénéfiques à la société. © Rawpixel.Com, Adobe Stock

« Savoir écouter, c'est posséder outre le sien, le cerveau des autres »

Cette citation de Léonard de Vinci a été plébiscitée pour définir les vertus de la co-innovation à égalité avec celle de Albert Einstein : « La créativité est contagieuse, transmettez-la » ! Sont donc plutôt valorisés les notions d'écoute, de dialogue et de créativité au détriment de l'idée d'innovation de rupture incarnée par la citation de Henry Ford qui n'a récolté que 5 % des suffrages : « Si j'avais demandé aux gens ce qu'ils voulaient, ils m'auraient répondu des chevaux plus rapides. ». La contribution est d'ailleurs envisagée prioritairement en termes d'idées (à 81 %) et de tests de produits ou services (à 55 %), plus que des conseils (22 %) ou de l'organisation (12 %), ce que met en avant un participant : « la co-innovation, en impliquant des gens avec des besoins - idées, va forcer les chercheurs à pousser plus loin leurs réflexions et traduire leurs concepts en produits réalisables. Attirant des financiers et talents ». À noter que 49 % des répondants acceptent de contribuer « sans condition » ou juste « avec valorisation de leur travail ».

« C'est au travers du prisme de chacun qu'une vision d'ensemble devient accessible »

Comment la co-innovation doit-elle se dérouler ? Transparente, universelle, appliquée aux enjeux actuels..., les mots qui reviennent le plus traduisent une volonté d'ouverture des participants, comme l'un deux le dit, « c'est au travers du prisme de chacun qu'une vision d'ensemble devient accessible ». Le principe de la co-innovation est de rassembler un nombre suffisant de participants pour que des idées et solutions émergent, avec en priorité les citoyens (à 37 %) et les entreprises (à 30 %) qui sont attendus pour proposer les sujets, alors que les pouvoirs publics, à seulement 8 %, semblent avoir perdu de leur légitimité dans ce domaine. Les participants sont en tout cas ouverts au partage de leurs idées. Seuls 11 % d'entre eux s'en estiment propriétaires, alors qu'ils sont 45 % à vouloir les gérer en biens communs, donc par une communauté d'utilisateurs, et 42 % à opter pour l'open source, donc modifiées et diffusées par n'importe quel individu.

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