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P2P : Kazaa a trois mois pour filtrer ou fermer

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 Trois mois pour mettre en place un filtre de 3000 mots, renouvelable à chaque quinzaine par les majors, et contenant au choix des noms d'artistes ou des titres de chansons. L'obligation de rendre impossible le téléchargement sur Kazaa des fichiers contenant l'un ou l'autre de ces mots-clés. Telle était la décision du juge australien Murray Wilcox prononcée le 5 septembre dernier à l'encontre du client P2P.

P2P : Kazaa a trois mois pour filtrer ou fermer

Malheureusement pour Sharman Network - la société éditant Kazaa - qui avait choisi de faire appel, sa demande a été déboutée. En théorie, il ne lui restait donc plus que dix jours pour entrer dans la légalité. Cependant, au dernier moment, une rallonge de trois mois lui a été accordée. Et pendant ce temps là, Bram Cohen, éditeur du logiciel BitTorrent, négocie avec Hollywood pour sauver sa plate-forme d'échanges...

Kazaa a deux mois pour installer un filtre contre le téléchargement illégal (Crédits : Christophe Olry/Futura-Sciences)

Un procès fleuve entre David et Goliath

Les majors Universal, EMI, Warner, Sony, BMG et Festival Mushroom dans le rang des plaignants. Kazaa dans le box des accusés. Au mois de septembre, le procès fleuve de dix-huit mois entre David et Goliath avait enfin connu son dénouement : Kazaa était mis en demeure d'installer des filtres contre le téléchargement illégal sur le territoire australien, et sommé de payer plusieurs millions de dollars de dommages et intérêts aux grandes industries du disque.

A l'époque, les avocats de la société Sharman Network avaient décidé de faire appel de cette décision. Mais, le 24 novembre dernier, sa demande a été rejetée. Dans un communiqué paru le jour même, l'IFPI (la fédération internationale de l'industrie phonographique) a déclaré : « Kazaa a reçu son dernier avertissement. Il est temps pour les services comme Kazaa de renouer avec la légalité. C'est une bonne nouvelle pour les millions de clients qui fréquentent les sites de téléchargement légaux, achètent leurs titres en ligne, dans le respect des droits des artistes, des musiciens et des producteurs. »

Si cette décision ne s'applique encore qu'au territoire australien, elle pourrait rapidement toucher tous les utilisateurs de Kazaa (estimés à 2,4 millions). En effet, depuis juillet, de tels jugements se multiplient, avec, en particulier, la récente décision de la Cour Suprême des Etats-Unis à l'encontre des clients Grokster et Morpheus.

Dans la pratique, la liste des 3000 mots-clés sera établie par les majors, et remodelée en fonction des sorties dans les bacs et des sorties des films au grand écran. Les titres ou les noms d'artistes contenant les mots « interdits » n'apparaîtront plus dans les résultats du moteur de recherche de Kazaa. Par contre, ce filtre ne sera disponible que dans les versions à venir, et ne concernera pas les propriétaires des anciennes moutures du client P2P. La justice australienne a insisté sur la nécessité « de mettre le maximum de pression sur les utilisateurs actuels » pour qu'ils remisent leurs anciennes versions au grenier et adoptent les nouvelles, plus « aseptisées ».

  Il ne reste donc plus que trois mois à Kazaa pour accéder à cette requête - la justice australienne vient tout juste de lui accorder ce délai supplémentaire. Dans le cas contraire, à l'image de Grokster et eDonkey, la plate-forme devrait fermer ses portes.

(Crédits : Christophe Olry/Futura-Sciences)

Et pendant ce temps, Bit Torrent négocie avec Hollywood pour survivre…

Pendant que ses concurrents ferment ou entrent de force dans la légalité, l'éditeur du logiciel Bit Torrent, Bram Cohen, conclut des accords avec les industries du film. En effet, il s'est récemment engagé auprès de la Motion Pictures Association of America, regroupant la majorité des grands studios hollywoodiens, à ôter de son moteur de recherche les films ou émissions de télé aux contenus protégés. Et ceci afin que la MPAA retire sa plainte à l'encontre de sa plate-forme d'échanges.

Parallèlement, Bram Cohen affirme haut et fort sa bonne volonté. Ainsi, dans un communiqué adressé aux utilisateurs de son produit phare, il « déconseille l'utilisation de sa technologie dans le but de diffuser des contenus sans l'autorisation de leurs auteurs et ayant-droits. Dans les faits, nous sommes heureux de travailler avec l'industrie cinématographique afin de retirer de BitTorrent.com tous les fichiers qui ne respectent pas la loi."

Néanmoins, dans les faits, enlever les liens vers les fichiers illégaux de son moteur de recherche ne règle pas le problème : ces pointeurs peuvent être trouvés sur une myriade de sites internet, puis importés dans Bit Torrent en vue de leur téléchargement.

  A l'heure d'aujourd'hui, dans sa bataille contre le P2P, l'industrie du disque a gagné une bataille, mais pas encore la guerre...

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