Microsoft a créé la surprise en annonçant que Windows 10, qui doit sortir cet été, sera non seulement une mise à jour gratuite mais qu’elle pourra en outre s’appliquer aux copies pirates de Windows. Étonnant, mais le géant américain y trouvera son compte…

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Décidément, MicrosoftMicrosoft fait sa révolution culturelle. Après avoir déclaré sa flamme à Linux, voici une autre barrière psychologique qui tombe chez la firme de Redmond. Alors que Windows 10 sortira cet été, Microsoft a annoncé que tout le monde profiterait d'une mise à jour gratuite depuis Windows 7 ou Windows 8.x. Tout le monde, y compris les utilisateurs qui ont installé une copie pirate de Windows.

« Nous mettons à jours tous les PCPC qualifiés, [dont la licence de Windows est authentique] ou non, vers Windows 10 », a ainsi confirmé à Reuters Terry Myerson, le vice-président de Microsoft en charge du groupe des systèmes d'exploitation. L'annonce en a été faite symboliquement à la conférence WinHEC de Shenzen, en Chine, un pays qui compterait près de trois-quart d'ordinateursordinateurs dont la licence de Windows serait piratée.

Microsoft a toujours composé avec le piratage

Même si l'annonce peut surprendre au premier abord, elle n'est toutefois que la continuité d'une stratégie de très longue date, et la confirmation d'un virage marketing plus récent. Microsoft a en effet toléré pendant longtemps une part importante de piratage, qui lui permet d'installer ses systèmes d'exploitation et ses logicielslogiciels (particulièrement Office) comme références à travers le monde entier. Rien de mieux qu'un employé qui demande à son employeur de pouvoir travailler sous Windows et Microsoft Word, parce que c'est ce qu'il utilise à la maison et ce qu'il a appris à l'école. Dans une certaine mesure, le piratage est une aide à la force commerciale, que Microsoft a su utiliser pour contrer la gratuité de LinuxLinux.

Mais la préoccupation de la firme n'est plus là. Son principal concurrent s'appelle aujourd'hui Google, qui menace la suprématie de Microsoft avec ses outils de bureautique en ligne et ses systèmes d'exploitation (AndroidAndroid et Chrome OS). S'il veut lui aussi vendre l'accès à des services en ligne, Microsoft doit continuer à imposer le système d'exploitation qui lui sert de cheval de Troie pour mettre en avant Bing, Office 365, OneDrive... C'est avant tout sur les services de cloud que se déporte la valeur commerciale, ce qui donne moins d'importance à la licence d'utilisation de l'OS. « À l'avenir, je suis convaincu que le cloud va être un formidable accélérateur de la lutte anti-contrefaçon. Et au passage, cela nous permet de toucher beaucoup plus de clients ! », avait ainsi reconnu Vahé Torossian, vice-président de Microsoft Europe en charge des PME et des partenaires. Microsoft avait par ailleurs déjà annoncé la gratuité de Windows 10 pour mobiles.