Dans sa version gratuite, Zoom propose jusqu'à 40 minutes de visioconférence. © Zoom

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L'application Zoom interpellée par la justice américaine suite à des piratages

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Aux États-Unis, plusieurs conférences vidéo conduites via l'application Zoom ont été perturbées par des images pornographiques et des discours haineux. La justice demande des comptes à l'éditeur du service en ligne.

L'application de visioconférence Zoom, dont l'utilisation a explosé avec la généralisation du télétravail et de la distanciation sociale face au coronavirus, est dans le collimateur de la procureure générale de l'État de New York, inquiète du nombre croissant d'utilisateurs dont les réunions ont été piratées. « Nous avons envoyé une lettre à Zoom avec une série de questions pour nous assurer que la société prend les mesures appropriées pour garantir la vie privée et la sécurité des utilisateurs », a indiqué à l'AFP un porte-parole de la procureure Letitia James. Il n'a pas révélé le contenu exact de cette lettre, soulignant simplement que la procureure espérait travailler en collaboration avec la société pour régler les problèmes constatés.

Sur les réseaux sociauxvia le hashtag #zoombombed, des utilisateurs ont témoigné avoir tout d'un coup vu des images pornographiques ou racistes envahir leur écran. Le bureau du FBI à Boston a indiqué lundi dans un communiqué « avoir reçu plusieurs signalements de téléconférences perturbées par des images pornographiques ou haineuses et du langage menaçant ». Ces piratages surviennent alors que Zoom est très utilisé non seulement par les particuliers et les entreprises, mais aussi dans de nombreuses écoles, désormais fermées et passées aux cours en ligne.

Des cours en ligne Zoom perturbés par des actes malveillants

Parmi les exemples cités par le FBI à Boston, un lycée du Massachusetts ayant signalé qu'un enseignant avait dû interrompre son cours lorsqu'un individu a fait irruption dans la classe virtuelle pour « proférer des insultes, avant de crier l'adresse personnelle du professeur ». Une autre école du même État a signalé l'apparition d'un individu portant des tatouages de croix gammées.

Le communiqué recommande, afin d'éviter les piratages, d'utiliser les options de réglage de l'application permettant de privatiser les réunions et d'éviter les partages d'écran. Interrogée, la société Zoom, basée dans la Silicon Valley, en Californie, a assuré « prendre la vie privée, la sécurité et la confiance de ses utilisateurs très au sérieux ». « Nous travaillons 24 heures sur 24 pour nous assurer que les hôpitaux, les universités, les écoles et d'autres sociétés dans le monde puissent rester connectés et opérationnels. Nous apprécions l'intérêt de la procureure de New York pour ces questions et sommes heureux de lui fournir les informations demandées », a indiqué un porte-parole.

Selon Sensor Tower, société qui mesure notamment la popularité des applications, Zoom a vu le nombre de téléchargements de son application aux États-Unis presque quadrupler (+252 %) la semaine du 16 mars, au moment où ont commencé les mesures strictes de confinement, puis augmenter encore de 66 % la semaine suivante, pour atteindre 7 millions de téléchargements. En Europe, l'application a connu une évolution similaire, avec 6,5 millions d'utilisateurs fin mars, selon Sensor Tower.

Pour en savoir plus

L'app Zoom corrige la fuite de données personnelles vers Facebook

Article de Fabrice Auclert, le 30/03/2020

Téléchargée jusqu'à deux millions de fois par jour sur iOS, l'application Zoom envoyait des données privées à Facebook sans prévenir les utilisateurs. L'éditeur a corrigé la fuite au bout d'une semaine.

Le télétravail et le confinement ont permis à des applications d'exploser leur nombre d'utilisateurs, et c'est le cas notamment de Zoom, un service gratuit de vidéoconférence très prisé en entreprise pour les réunions entre collaborateurs mais aussi en famille pour créer des apéros virtuels ou dans les établissements scolaires pour les cours en ligne.

Pour donner une idée du succès fulgurant de cette application, elle est numéro 1 des téléchargements sur l'App Store, avec deux millions de téléchargements par jour lundi et mardi derniers. À titre de comparaison, en janvier, cette application affichait environ 50.000 téléchargements par jour...

Lorsqu'on décide de s'inscrire en utilisant Facebook, on accepte que des données personnelles soient partagées. © Zoom

Attention au bouton Facebook dans les applications

Le souci, c'est que la semaine dernière, nos confrères de Motherboard révélaient que la version iOS de l'application agissait comme un mouchard de Facebook. Plus exactement, Zoom envoyait à Facebook des données personnelles comme le nom de l'opérateur de téléphone mobile, le modèle de téléphone utilisé, la ville d'où il se connectait mais aussi un tracker pour cibler les publicités. C'est d'autant plus gênant qu'à aucun moment, l'utilisateur n'en était averti, et ce même s'il ne possédait pas de compte Facebook.

Face au tollé provoqué par cette découverte, Zoom a annoncé ce week-end qu'il avait désactivé cet envoi de données vers Facebook, confirmant au passage que c'était dû au fait que son application s'appuyait sur le kit de développement de Facebook. Celui-ci n'apparaît plus dans le code, il permettait simplement de se créer un compte Zoom en utilisant ses identifiants Facebook. Ce que proposent d'ailleurs bon nombre d'applications, et il faut donc se méfier des passerelles créées entre une application et Facebook. Si ce bouton « Facebook » simplifie l'inscription, il n'en demeure pas moins qu'il inclut le partage de données personnelles.

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