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CES : Seagate présente le premier disque dur à 500 Go par plateau

ActualitéClassé sous :informatique , disque SSD , mémoire Flash

Le disque dur n'est pas mort ! La preuve, il évolue encore. Seagate vient de montrer au CES de Las Vegas un modèle stockant 500 Go par plateau de 3,5 pouces, une performance jugée impossible il y a peu de temps encore. De quoi réaliser des disques de 2 To.

Le Barracuda 7200 11, une famille de modèles actuels dont la version plus généreuse atteint 1,5 To, grâce à quatre plateaux de 375 Go. © Seagate

Avec les annonces continuelles de disques SSD (solide state disks), c'est-à-dire, en fait, de volumineuses mémoires Flash (du même type que celle des clés USB), on avait fini par croire que le vénérable disque mécanique, constitué d'un ou plusieurs plateaux tournants lus par des têtes magnétiques portées au bout de bras mobiles, était voué au musée.

Car, au moins dans son principe, le disque dur est effectivement une antiquité. Nous avons fêté en 2006 le cinquantenaire du 305 Ramac d'IBM, le premier ordinateur à disque dur, construit en 1956. Le disque lui-même (baptisé IBM 350) tenait dans une armoire haute de 1,72 m et large de 1,52 m, comportait 50 disques en aluminium d'un diamètre de 24 pouces (61 cm). Dans ce volume, l'ordinateur (qui pesait au total 8,8 tonnes) disposait d'une capacité de 5 Mo, c'est-à-dire l'équivalent d'un morceau de musique au format MP3.

Depuis les progrès ont été à peu près continus mais ont connu une remarquable inflexion en 1997. Cette année-là, les fabricants de disques durs produisaient les premiers modèles exploitant la magnétorésistance géante, un phénomène découvert en 1988 par le Français Albert Fert et l'Allemand Peter Grünberg, travail qui leur a valu le prix Nobel de physique 2007.

Mais depuis 2006, le disque dur, seul élément mécanique d'un ordinateur (avec le clavier) depuis la disparition du lecteur de disquette, se voit menacé par le SSD, plus cher mais plus compact et plus solide. Pourtant, les fabricants n'ont pas abandonné les disques durs, loin de là, et leur évolution, en capacité et en débit, se poursuit.

La capacité d'un disque dur s'exprime en nombre de gigaoctets (Go) par plateau (puisqu'on peut en mettre plusieurs), dont le diamètre s'est standardisé à 3,5 pouces ou à 2,5 pouces, ou encore en nombre de bits par pouce carré (rappelons qu'un pouce mesure 2,54 centimètres).

L'IBM 350, version 1956 du disque dur. © IBM

Deux téraoctets dans mon ordi

On a longtemps pensé que la limite se situait vers 250 Gb (gigabits) par pouce carré, une densité qui contraint à ajouter un dispositif à laser pour positionner précisément la tête de lecture. C'est pourquoi l'annonce de Seagate au CES de Las Vegas, salon mondial de l'informatique grand public, a fait grand bruit. Le modèle présenté atteint en effet 329 Gb/pouce carré, affichant 500 Go par plateau. Dénommé Barracuda 7200 12 HD, il vient compléter une gamme de disques tournant à 7.200 tours par minute, dont, jusque-là, la capacité maximale était de 1,5 To (téraoctet) dans un disque à quatre plateaux. Seagate propose désormais deux versions du 7200 12 HD, avec un ou deux plateaux, donc de 500 Go ou 1 To.

Pour l'instant, ni le prix ni la consommation électrique ne sont indiqués. Face aux SSD, les disques mécaniques conservent donc toujours une longueur d'avance. En capacité, la compétition est serrée puisque Toshiba vient d'annoncer un disque SDD de 512 Go. Pour les prix en revanche, les SSD ont du mal à suivre. Malgré des baisses récentes, il faut débourser plusieurs centaines d'euros pour un modèle de 128 Go. Du côté de Seagate, on peut logiquement s'attendre à un modèle à quatre plateaux, qui offrirait donc 2 To dans un volume modeste...

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