L’avionneur Lockheed Martin est en train de concevoir un aéronef capable de voler à plus de 7.400 km/h. En décollant depuis les États-Unis, ce drone pourra atteindre l’Europe en moins de 90 minutes.


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    Un dronedrone de renseignement et de combat pouvant voler à plus de 7.400 km/h, voici le projet ambitieux conduit par l'avionneur américain Lockheed Martin. Pour le moment, la société n'en est qu'aux débuts des essais de sa motorisation. Ainsi, ce 5 avril, c'est sur un concept de missile hypersonique (HAWC) que la firme a pu tester un réacteur. Avec ce dernier, il a pu atteindre Mach 5 à près de 20.000 mètres d'altitude.

    Si l'on est encore loin d'un véritable prototype, on sait déjà que ce drone portera le nom de SR-72. Une appellation qui rappelle celle du SR-71, le fameux Blackbird à la livrée noire et au profil aplati. Avec sa faible signature radar et ses équipements, cet avion se destinait au renseignement durant la guerre froide. Capable d'évoluer à Mach 3, c'était alors l'avion le plus rapide et son altitude de croisière de 20.000 mètres le mettait hors d'atteinte des missiles. Avec l'emploi de satellites à l'imagerie de plus en plus précise, l'appareil avait été retiré du service à la fin des années 90.

    Les images de synthèse du SR-72 sont dévoilées à la fin de cette vidéo de présentation. © Maxwell Air Force Base

    Premiers vols dès 2025

    Son successeur sans pilote ira donc plus de deux fois plus vite pour réaliser à la fois des missions de renseignement et du bombardement dit de « précision » avec des missiles tout autant hypersoniques. Côté rayon d'action, l'aéronefaéronef pourrait décoller des États-Unis et survoler des cibles en Europe ou en Asie en moins 90 minutes. Pour réaliser ses vols, le SR-72 devrait être équipé de deux types de motorisation. Pour le décollage et la mise en croisière, on trouvera ainsi des turbines classiques permettant d'atteindre 3.700 km/h. Ensuite, des statoréacteurs entreront en fonction pour propulser l'aéronef à 7.400 km/h.

    Pour Lockheed Martin, combiner ces deux réacteurs pose des soucis. Comme ce fut le cas dans le développement du fameux Blackbird, il faut aussi trouver des matériaux adaptés aux hautes températures et un système de refroidissement efficace pour que les moteurs puissent fonctionner à des températures inédites en vitessevitesse hypersonique. Malgré ces contraintes, l'avionneur est confiant et estime que le SR-72 pourra voler dès 2025 pour une mise en service en 2030.