L’IA est amenée à jouer un rôle dans l’industrie cosmétique et la parfumerie. © Anibal, Fotolia

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Drôle de Tech : IBM se met au parfum, une IArtiste qui rapporte gros et un pont anti-bâillements

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Dans le viseur de Drôle de Tech cette semaine, IBM met son nez dans le parfum, le « ganisme » sera-t-il le nouvel impressionnisme, comment la Chine flique les chauffeurs de bus et une interface pour smartphones littéralement ancrée dans le réel. Go !

Notre rendez-vous hebdomadaire vous propose un regard décalé sur l'actualité des nouvelles technologies. Le parti est de vous divertir, de vous surprendre et de vous faire rêver... ou soupirer. 

Une IA d'IBM pourrait créer votre prochain parfum

En parfumerie, les « nez » sont autant des artistes que des alchimistes. Se pourrait-il qu'une machine, en l'occurrence une intelligence artificielle (IA), puisse un jour les remplacer ou tout du moins les assister dans leur tâche ? C'est en fait déjà le cas. IBM Research a développé une IA nommée Philyra qui utilise l'apprentissage automatique pour passer au crible des milliers d'ingrédients, de formules et de tendances de l'industrie du parfum pour en tirer des combinaisons uniques. Big Blue s'est associé à Symrise, une firme allemande spécialisée dans la production de saveurs et de parfums.

Pour élaborer de nouvelles fragrances, l'IA analyse et compare les formules existantes de Symrise avec les chiffres de vente des parfums et les profils des clients qui les ont achetés pour savoir ce qui plaît et à qui. La part de créativité subjective d'un « nez » humain est donc gommée dans ce processus qui se base principalement sur le succès commercial. Mais l'intervention d'un maître parfumeur de chair et d'os est encore indispensable pour affiner et corriger les propositions de l'IA. Philyra a déjà servi à concevoir deux parfums pour l'enseigne de produits cosmétiques brésilienne O Boticário dont le lancement est prévu mi-2019.

Pour en savoir plus : IBM Research

Selon IBM Research, son IA n’a pas pour vocation de remplacer les maîtres parfumeurs mais de leur faire gagner du temps dans leur travail initial de sélection et d’assemblage des senteurs. © Gal2007, Fotolia

Une nouvelle forme de réalité augmentée sur smartphone

La navigation multitâche sur les smartphones est encore loin d'être pratique. Elle se résume à devoir faire défiler les applications actives d'un geste de balayage, ce qui s'avère vite agaçant lorsqu'elles sont nombreuses. Special Projects, un studio de design britannique, a créé une nouvelle interface très astucieuse inspirée de notre manière d'interagir avec les objets dans le monde physique. La solution nommée Magic UX utilise de la réalité augmentée et les capteurs de mouvements d'un smartphone pour « épingler » une application dans un espace physique et la retrouver à l'endroit où on l'a laissée. La vidéo ci-dessous rend la chose très explicite, mais en gros, on peut passer d'une application à une autre en déplaçant son mobile comme dans un bureau virtuel. Il devient alors plus facile de copier du texte ou une image puis de les transférer d'une application à une autre. Un concept prometteur que l'on pourrait retrouver sous cette forme ou une variante simplifiée puisque Special Projects dit être en pourparlers avec « plusieurs entreprises technologiques de premier plan » pour accorder des licences sur sa technologie.

L’interface Magic UX est très innovante. © Special Project

Ce portrait créé par une IA vaut aussi cher qu’un Picasso

Voilà maintenant plusieurs années que des artistes et des chercheurs explorent le potentiel créatif de l'intelligence artificielle que ce soit pour la musique, la peinture ou l’écriture. Ce n'était donc qu'une question de temps avant que ne se pose la problématique de la valeur marchande d'une œuvre d'art créée à partir d'une IA. Et nous y sommes. Cette semaine à New York, un portrait élaboré par des réseaux antagonistes génératifs (en anglais generative adversarial networks ou GAN) a été adjugé 432.500 dollars (soit un peu plus de 380.200 euros au cours actuel) aux enchères chez Christie's. L'œuvre dénommée Edmond de Belamy et signée d'une formule mathématique (celle des GAN) s'est vendue au même prix qu'une linogravure de Pablo Picasso intitulée « Buste de femme d'après Cranach le Jeune ». Derrière ce qui s'apparente d'abord à un formidable coup de communication se trouve le collectif d'artistes français Obvious qui n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il a déjà vendu un autre portrait au collectionneur d'art Nicolas Laugero et serait en passe de conclure une vente avec le musée Guggenheim de New York.

« Les GAN ont-ils une certaine forme de créativité et si oui, peut-elle être comparée à celle de l'esprit humain ? », interrogeait Pierre Fautrel, l'un des membres du collectif. Le prix atteint par cette toile peut-il être considéré comme la reconnaissance d'une nouvelle forme d'art associant l'homme et la machine ? Difficile à dire pour le moment. Mais la démarche n'a en tout cas rien de moins crédible que d'autres formes d'art. « Après l'impressionnisme, le pointillisme, nous sommes les pionniers du ganisme », assure le jeune homme qui voit dans la collaboration entre l'IA et l'artiste un moyen de « maximiser un potentiel créatif ». L'impressionnisme et le pointillisme se heurtèrent en leur temps au scepticisme du monde de l'art avant d'atteindre le rayonnement que l'on connaît. En sera-t-il de même pour le « ganisme » ? Rendez-vous dans quelques années pour en reparler...

Le portrait Edmond de Belamy est un jeu de mots qui rend hommage à Ian Goodfellow (bon ami en français), chercheur chez Google et inventeur des réseaux antagonistes génératifs. © Obvious

On ne bâille pas sur le pont !

Cette semaine, la Chine a inauguré en grande pompe le plus grand pont maritime du monde. Ouvrage spectaculaire de 55 kilomètres de long qui relie Hong Kong, Macao et la ville continentale de Zhuhai. Dix-huit ouvriers ont perdu la vie durant ce chantier colossal et des centaines d'autres ont été blessés. Mais une information concernant une étonnante technologie mise en œuvre sur ce pont est passée un peu plus inaperçue. Il s'agit de caméras qui détecteront les bâillements des chauffeurs de bus qui emprunteront le parcours. Selon la presse de Hong Kong, si la caméra repère plus de trois bâillements en l'espace de vingt secondes, une alarme se déclenchera pour avertir les équipes de surveillance. Et au cas où cela ne suffirait pas, les braves chauffeurs devront aussi porter des capteurs de rythme cardiaque et de pression artérielle. Rien de bien surprenant pour un pays qui compte généraliser les technologies de reconnaissance faciale à plus d'un milliard d'habitants. Big Brother en a rêvé, la Chine le fait... 

Découverte du Hong Kong-Zhuhai-Macau Bridge. © South China Morning Post

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