À la période classique, on suspectait (à raison !) l’existence d’un cabinet noir qui ouvrait les lettres pour les lire et surveiller ainsi la population. Cette pratique pouvait vous conduire à la Bastille… ou pire...

Pour empêcher la lecture de leurs lettres, un grand nombre de gens les chiffraient afin qu’on ne puisse pas les lire. Le grand sceptique qu’était Voltaire ne croyait pas à la possibilité du décryptement des lettres chiffrées. Pourquoi ? À cause du très grand nombre de possibilités. Il aurait donc parié que vous seriez incapable de décrypter le message :

S2oe2a w45t qm1d2 e5 us4d1e2s4 e2n13o 1t23a2 i25s2t

Question :

Saurez-vous lui donner tort en décryptant ce message ?

François-Marie Arouet dit Voltaire (1724 ou 1725), d'après Nicolas de Largillière, exposé au château de Versailles. © Collection Palace of Versailles, <em>Wikimedia commons</em>, DP
François-Marie Arouet dit Voltaire (1724 ou 1725), d'après Nicolas de Largillière, exposé au château de Versailles. © Collection Palace of Versailles, Wikimedia commons, DP

Réponse :

« Rendez-vous Place du Trocadéro demain à seize heures. » 

Voltaire a tort car les décrypteurs n’opèrent pas au hasard. Voici une façon de faire dans ce cas :

Le nombre d’occurrences du chiffre 2 fait penser que 2 représente la lettre « e », la lettre la plus fréquente en français (environ 18 %). Cela donne l’idée que les chiffres représentent les voyelles dans l’ordre, puisque « e » est la seconde voyelle. Le second mot w45t est à moitié décrypté. On reconnaît le mot « vous » ce qui fait penser que les consonnes ont été remplacées par la lettre suivante. On en déduit le résultat.

Notre méthode peut sembler peu rigoureuse mais c’est souvent en faisant des hypothèses de ce type qu’on arrive à décrypter. Le fait d’obtenir finalement une phrase ayant un sens prouve que le résultat est correct.