Illustration d'une pluie de météorites vue de l'espace. Des chercheurs ont trouvé, dans le désert d’Atacama, les plus anciennes météorites jamais récoltées. © aapsky, fotolia

Sciences

Une pluie de météorites constante a arrosé la Terre ces deux derniers millions d’années

ActualitéClassé sous :météorites , collection de météorites la plus ancienne , désert d'Atacama

Dans le désert d'Atacama, des chercheurs ont mis la main sur la plus ancienne collection de météorites à la surface de la Terre. Ils en ont profité pour en tirer des informations relatives à l'évolution du flux de météorites qui ont percuté notre planète au cours des deux derniers millions d'années.

Chaque année, ce sont entre 100.000 et 200.000 tonnes de météorites qui tombent sur notre Terre. La plupart du temps sous la forme de fragments très petits, de quelques millimètres seulement parfois. Et en la matière, des chercheurs viennent de faire une découverte rare : une véritable mine de météorites bien conservées. De quoi leur permettre de reconstituer le taux de chute de ces débris rocheux au cours des deux derniers millions d'années.

L'Antarctique et les déserts chauds sont tous les deux réputés pour être des endroits où l'on trouve beaucoup de météorites. Là, elles s'accumulent au sol, sans être recouvertes. On retrouve ainsi en Antarctique, pas loin de 60 % de l'ensemble des météorites tombées sur Terre et dans les déserts chauds, tout de même plus de 30 %. Mais elles sont rarement conservées plus de 500.000 ans. Au fil des siècles, elles disparaissent naturellement, du fait de l'érosion due au vent, par exemple.

Le désert d’Atacama (Chili) est particulièrement ancien. Il a plus de 10 millions d'années. « Il héberge également la plus dense collection de météorites au monde », assure Alexis Drouard, géologue à l'université d'Aix-Marseille. Et c'est là que les chercheurs ont collecté pas moins de 388 météorites. Ils ont appliqué les techniques de la datation d'exposition par isotopes cosmogéniques sur 54 d'entre elles, des chondrites ordinaires. Leur âge moyen : 710.000 ans.

Au cours des deux derniers millions d’années, il est tombé sur Terre quelque 222 météorites d’un poids supérieur à 10 grammes par kilomètre carré et par million d’années. © Jérôme Gattacceca, CEREGE

Un flux constant en quantité, mais pas en qualité

« Nous nous attendions à trouver beaucoup de jeunes météorites », explique Alexis Drouard. Mais 30 % de la collection s'est avéré avoir plus d'un million d'années. Deux échantillons avaient même plus de deux millions d'années. Faisant de cette collection, la plus ancienne collection de météorites jamais retrouvée à la surface de la Terre.

Et les résultats des chercheurs apparaissent cohérents avec l'idée d'une accumulation constante de météorites sur notre planète pendant plusieurs millions d'années. « Le flux semble être resté constant au cours des deux derniers millions d'années, mais pas la composition des météorites », précise Alexis Drouard. Il y a moins d'un million d'années, un basculement s'est produit. Plus de chondrites ordinaires de type H apparaissent dans les échantillons. Ils proviennent peut-être d'un essaim situé dans la ceinture d’astéroïdes.

Alexis Drouard espère que ces travaux encourageront d'autres équipes à étudier les flux de météorites sur de longues périodes. Il prévoit d'ailleurs lui-même déjà d'étendre son analyse à d'autres échantillons.

  • Plusieurs tonnes de météorites tombent chaque année sur Terre.
  • Des chercheurs ont fouillé le désert d’Atacama à la recherche d’anciennes météorites.
  • Ils n’ont pas été déçus des échantillons ramenés. Leur moyenne d’âge : 710.000 ans.
  • Une collection qui montre la constance du flux de météorites qui se sont abattues sur la Terre au cours de ces deux derniers millions d’années.
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

Explosion de la météorite bretonne  Explosion d'une météorite dans le ciel breton le 19 juillet 2011 avant l'aube. © F. Berthot / Planétarium Espace des sciences