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La mission martienne Insight est menacée

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On a connu meilleurs cadeaux de Noël pour une équipe scientifique. Prévu en mars 2016, le lancement à destination de Mars de l'atterrisseur Insight, de la Nasa, qui doit étudier le sous-sol, vient d'être reporté à janvier 2018. En cause : le sismomètre de la mission fourni par le Cnes. Pire, la mission pourrait être purement annulée si le coût du stockage et de la remise en état de l'instrument était trop important.

L'atterrisseur Insight avec en son centre l'enceinte qui abrite le sismomètre SEIS du Cnes. La décision de reporter le lancement de la sonde est logique. Il aurait été inutile d'envoyer sur Mars un instrument incapable d'acquérir des données avec le niveau de précision requis. © Nasa, Lockheed Martin

L'atterrisseur Insight (Interior exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport) n'ira pas sonder en 2016 les profondeurs de la planète Mars. Seulement quelques jours avant le début de la campagne de lancement, les responsables de la mission ont admis que l'instrument phare de la mission, le sismomètre Seis (Seismic Experiment for Interior Structures) fourni par le Cnes, n'est pas prêt et souffre d'un grave défaut d'étanchéité.

Ce défaut est rédhibitoire pour un instrument aussi précis que les meilleurs sismomètres terrestres, dont on attend qu'il détecte des mouvements du sol d'environ 10 picomètres (10-11 m), soit l'ordre du diamètre d'un atome. Une telle précision impose qu'il soit installé dans une enceinte complètement hermétique. Or, elle souffre d'une microfuite que les équipes du Cnes ne sont pas parvenues à localiser.

Prototype de bouclier éolien et thermique pour le sismomètre de la mission Insight testé fin décembre 2011 sur l'île dela Réunion, sur la plaine des Caffres, près du volcan et qui ressemble beaucoup à l'environnement martien. Les essais ont été menés par les équipes de l'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise et de l'institut Max Planck de Lindau. © OVPF

La sismologie planétaire, une science balbutiante

C'est d'autant plus regrettable que l'étude sismologique des planètes et de la Lune est la grande absente de l'exploration du Système solaire et qu'avec l'instrument du Cnes, les scientifiques ont une occasion inédite de bien mieux comprendre la structure interne de la planète. En observant l'activité tectonique de Mars, Seis permettra aux planétologues d'évaluer la profondeur du noyau, de déterminer s'il est liquide ou non, d'estimer l'épaisseur de la croûte et d'analyser la structure moyenne du manteau et ses discontinuités.

Ce n'est pas la première fois que la Nasa décide de reporter le lancement d'une mission à destination de Mars. En 2008, elle avait repoussé le lancement du rover Curiosity en novembre 2011 alors qu'il était initialement prévu en octobre 2009. En cause un dépassement de budget significatif et de nombreux problèmes techniques du fait de la complexité et du degré d'innovation du rover qui se sont traduits par des retards de livraison d'un certain nombre de matériels. Bien lui en a pris. Aujourd'hui sur Mars depuis août 2012, le rover se porte à merveille et le retour scientifique est excellent.

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