Il y avait Kourou en Guyane. D’ici 2020, il devrait y avoir une base spatiale sur le sol européen dans le nord de l’Écosse, a annoncé l’Agence spatiale britannique, qui veut doper l’industrie des microsatellites dans le pays.

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    La péninsulepéninsule A'Mhoine, dans le comté écossais de Sutherland, était jusqu'ici surtout connue pour ses falaises rocheuses et ses champs de bruyère. Son calme risque pourtant de ne plus durer très longtemps. L'Agence spatiale britannique a en effet choisi le site comme future base de lancement spatial et a alloué pour cela 2,5 millions de livres (2,8 millions d'euros) à Lockheed Martin et Orbex. Lockheed Martin compte utiliser cette nouvelle base pour mettre en orbite une constellation de satellites destinée à récolter des données météo, tandis qu'Orbex veut développer une petite fuséefusée appelée Prime spécialement conçue pour les microsatellites. Ces investissements constituent « le début d'une nouvelle ère passionnante pour l'industrie aéronautique britannique », s'est félicité Graham Turnock, le directeur de l'Agence spatiale britannique.


    Avec le site de lancement, la Grande-Bretagne espère doper son industrie spatiale en difficulté à cause du Brexit. © Agence spatiale britannique, YouTube.

    Si aucune base spatiale n'avait encore jusqu'ici été construite sur le continent européen, c'est qu'il est plus avantageux de procéder à un lancement depuis une zone près de l'équateuréquateur, comme le Centre spatial guyanais de Kourou ou Cap Canaveral. En effet, la vitessevitesse linéaire de la Terre est plus importante à l'équateur, ce qui fournit une poussée supplémentaire à la fusée lors de son décollage. On économise ainsi beaucoup de carburant. D'autre part, l'endroit doit aussi être relativement éloigné d'une zone peuplée pour des questions de sécurité.

    Image du site Futura Sciences
    La base de lancement spatial sera implantée dans le Sutherland, au nord de l’Écosse. © Plans

    Mais le marché visé par la Grande-Bretagne est différent. Pas question ici de concurrencer Ariane 5Ariane 5 avec ses fusées de plusieurs dizaines de tonnes. Cette future base sera destinée au lancement de microsatellites, type CubeSat, d'à peine quelques kilogrammeskilogrammes. Et cela tombe bien, car Glasgow en Écosse est justement la « capitale européenne » du microsatellite. On en construit ici davantage que partout ailleurs en Europe, rapporte la BBC.

    La Grande-Bretagne veut devenir le numéro un européen du microsatellite

    Le choix de Sutherland est surtout un choix économique, alors que la région peine à sortir de la crise financière de 2008. Grâce à ce nouveau site, Londres mise sur un gain de 3,8 milliards de livres (4,3 milliards d'euros) pour l'économie au cours des dix prochaines années. « Nous voulons que la Grande-Bretagne devienne le numéro un du continent européen pour le lancement de satellites », a ainsi déclaré le ministre de l'économie, Greg Clark. La nouvelle arrive à point nommé, un jour après que le patron d'ADS Group, un des principaux groupes d'aéronautiques britanniques, s'est ouvertement inquiété des conséquences du Brexit sur l'industrie aéronautique et la défense au Royaume-Uni. « Nous travaillons dans un domaine où nous avons besoin d'une vision de long terme », expliquait Paul Everitt à la BBC.

    D’autres spatioports européens en projet

    Si A'Mhoine est l'unique site retenu pour des décollages à la verticale, d'autres bases destinées au lancement à décollage à l'horizontale (avec des lancements de navettes opérés depuis des avions) devraient voir le jour en Grande-Bretagne, assure le gouvernement qui a débloqué une autre enveloppe de deux millions de livres pour de tels sites. Reste à obtenir les autorisations nécessaires et régler les questions de sécurité et d'assurance.

    La Grande-Bretagne n'est pas le seul pays européen aux ambitions spatiales. Virgin GalacticVirgin Galactic, l'entreprise dirigée par Richard Branson, projette l'installation d'un spatioport à Grottaglie, dans le sud de l'Italie, pour des vols touristiques et scientifiques.