Dans le désert d'Atacama, le télescope Apex vient de recevoir un nouveau détecteur, baptisé Artémis, qui a notablement augmenté la définition des images. Pour preuve, des clichés étonnants d'une balade virtuelle dans un nuage où naissent des étoiles, visibles dans la constellation australe du Scorpion.

Un nouvel instrument appelé Artémis (Architectures de bolomètresbolomètres pour des télescopes à grand champ de vue dans le domaine submillimétrique au sol) a été installé avec succès sur ApexApex (Atacama Pathfinder EXperiment). Apex est un télescopetélescope de 12 m de diamètre situé en altitude dans le désertdésert d'Atacama, fruit d'une collaboration entre le MPIfR (Max PlanckPlanck Institute for RadioRadio Astronomy), l'OSO (Onsala Space Observatory) et l'ESO. Fonctionnant à des longueurs d'ondelongueurs d'onde millimétriques et submillimétriques (entre la lumière infrarougeinfrarouge et les ondes radio), il constitue un outil précieux pour les astronomesastronomes qui veulent scruter l'univers lointain. Le nouvel instrument vient de livrer une vue spectaculaire et très détaillée de la nébuleusenébuleuse de la Patte de Chat.

Cette nouvelle caméra Artémis, venant compléter l'ensemble des instruments équipant le télescope Apex, accroît désormais la profondeur et le détail des observations obtenues. Par rapport aux détecteurs déjà présents sur l'instrument, Artémis, de nouvelle génération, se comporte davantage comme une caméra CCD. Cela permettra d'obtenir des cartes du ciel à grand champ, qui seront disponibles plus rapidement et avec une précision beaucoup plus importante (augmentation considérable du nombre de pixelspixels).

Artémis : une installation à haute altitude

Les scientifiques qui ont installé Artémis ont dû lutter contre des conditions climatiques extrêmes pour mener à bien leur mission. De très fortes chutes de neige sur le plateau de Chajnantor avaient presque enterré le bâtiment de commande d'Apex. Mais avec l'aide, sur place, du personnel technique d'Apex et du projet Alma, l'équipe a pu transporter les éléments de la caméra Artémis jusqu'au télescope via une route de fortune, en évitant les importants amas de neige. Ils ont ainsi été en mesure d'installer l'appareil, de mettre en place le cryostat et de le positionner dans son emplacement final. Afin de tester l'instrument, l'équipe a ensuite attendu le retour d'un temps plus sec, car les longueurs d'onde submillimétriques qu'observe Artémis sont très fortement absorbées par la vapeur d'eau. Le moment venu, les observations d'essai ont été effectuées avec succès.

À la suite de ces tests et des observations de contrôle, la caméra Artémis a déjà été utilisée pour plusieurs projets scientifiques. Une de ses cibles était la région de formation d'étoilesétoiles dans NGC 6334 (la nébuleuse de la Patte de Chat), située dans la constellationconstellation australe du Scorpion.

Cette nouvelle image d'Artémis est d'une qualité nettement supérieure aux images antérieures obtenues avec Apex dans la même région du ciel. Les tests de la caméra se poursuivent, et elle va bientôt retourner à Saclay, en France, afin d'être équipée de détecteurs supplémentaires. Toute l'équipe est déjà très enthousiaste concernant les résultats des observations recueillies. Celles-ci constituent une belle récompense après de nombreuses années de travail pour tous les chercheurs impliqués.