On s'en doutait un peu : lors des dernières observations réalisées il y a quelques mois avant son passage derrière le Soleil, la planète Jupiter montrait un affaiblissement prononcé de sa bande équatoriale sud. Le retour de la planète dans le ciel du matin vient d'en apporter la confirmation. Un phénomène étonnant, mais pas exceptionnel...
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JupiterJupiter est une planète gazeuseplanète gazeuse, la plus grande du Système solaireSystème solaire. Elle est connue pour ses conditions météorologiques stupéfiantes : des bandes nuageuses parallèles parcourues par des ventsvents à plus de 600 kilomètres à l'heure et de gigantesques cyclonescyclones dont le plus spectaculaire, la Grande Tache RougeGrande Tache Rouge (GTR), est observé depuis près de quatre siècles et pourrait contenir trois fois la TerreTerre. De nombreuses études tentent de démontrer les mécanismes complexes qui régissent la circulation nuageuse sur cette planète, comme celles réalisées par Philip Marcus, un professeur de mécanique des fluides de l'Université de Berkeley, ou encore celles d'une équipe de l'UCLA (University of California, Los Angeles).

Les astronomesastronomes ont l'habitude d'observer le vortexvortex de la GTR en train de circuler le long d'une bande ocreocre, la bande équatoriale sud, qui a son équivalent dans l'autre hémisphère. La couleurcouleur de ces deux bandes est sans doute produite par des composés complexes de phosphorephosphore et de soufresoufre. Mais voilà que la bande équatoriale sud est devenue invisible, laissant la GTR bien seule au milieu d'un hémisphère sudhémisphère sud éclairci.

La Grande Tache Rouge sur Jupiter est une gigantesque cyclone qui circule d'habitude le long d'une bande ocre équatoriale dans l'hémisphère sud. Crédit Nasa

La Grande Tache Rouge sur Jupiter est une gigantesque cyclone qui circule d'habitude le long d'une bande ocre équatoriale dans l'hémisphère sud. Crédit Nasa

Une énigme de plus sur Jupiter

Le premier à avoir signalé le phénomène est l'omniprésent Anthony Wesley, un astronome amateur australien qui a déjà à son actif la découverte d'un impact cométaire sur Jupiter en 2009 et la détection d'une tempête sur Saturne il y a quelques semaines. En photographiant Jupiter le 9 mai dernier, il a pu admirer le nouveau visage de la géante gazeusegéante gazeuse. Pour autant la spectaculaire disparition de cette bande n'est pas exceptionnelle : le phénomène s'est déjà produit en 1973 et 1990. Pour certains chercheurs, cette disparition temporaire est sans doute factice. Elle pourrait s'expliquer par la formation de nuagesnuages blancs de glace d'ammoniacammoniac en altitude, juste au-dessus de la bande équatoriale sud.

Après les cyclones, les tornadestornades et les pluies d'hélium, voici donc les nuages occultants ! En attendant de mieux comprendre la météorologiemétéorologie de Jupiter, les astronomes amateurs et professionnels ne vont pas manquer de pointer leurs télescopestélescopes en direction de la planète géanteplanète géante dans les semaines et les mois à venir, dans l'espoir d'assister en direct à la réapparition de la bande équatoriale sud. Une saga à suivre sur notre forum d'astronomie.