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La Nasa embarque dans la mission Euclid de l'Esa

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La Nasa a officiellement rejoint la mission Euclid de l'Agence spatiale européenne. Cette dernière a pour objectif de traquer l'énergie sombre, pour mieux comprendre l'accélération de l'expansion de l'univers. Son lancement est prévu en 2020.

Euclid est un télescope spatial de 1,2 mètre de diamètre doté de deux caméras. Le satellite (les servitudes et la partie scientifique) sera construit en Europe, à l'exception des détecteurs infrarouges fournis par la Nasa. © Esa

Euclid est une des deux missions de classe M sélectionnées en octobre 2011 par l'Agence spatiale européenne (Esa), dans le cadre de son programme scientifique, Vision cosmique. Son lancement est prévu en 2020 par un Soyouz ST, depuis le Centre spatial guyanais. Elle sera mise en orbite autour du point de Lagrange L2, situé à 1,5 million de kilomètres de notre planète, sur l'axe Terre-Soleil et dans la direction opposée à notre étoile. Elle devrait fonctionner un peu plus de 6 ans.

Cette mission est conçue pour répondre à l'une des questions fondamentales de la cosmologie moderne : pourquoi l'expansion de l'univers est-elle en accélération, alors qu'elle devrait petit à petit décélérer en raison de la gravitation ? Depuis la découverte en 1998 de cette accélération, récompensée par le prix Nobel de physique en 2011, à Saul Perlmutter, on sait qu'une force inconnue nommée énergie noire expliquerait ce phénomène. Si on ne connaît pas sa nature, ses effets ne sont pas moins existants.

On suppose que l’énergie et la matière noire représentent plus de 95 % de la masse et de l'énergie de l’univers. Les 5 % restants sont de la matière dite normale ou baryonique. © Nasa, WMAP science team

Deux milliards de galaxie observées en 3D

Pour comprendre la source de cette accélération, qui est très probablement due à une manifestation des effets d'une physique inconnue, Euclid devrait cartographier la forme, la luminosité et la distribution en trois dimensions de deux milliards de galaxies, couvrant plus d'un tiers de l'ensemble du ciel et environ plus des trois-quarts de l'histoire de l'univers.

La Nasa fournira à Euclid les détecteurs infrarouges de type HgCdTe d'une des deux caméras du télescope. La seule entreprise au monde capable de les fabriquer est la société américaine Teledyne. En effet, cette caméra infrarouge possèdera 16 capteurs en tellurure de cadmium et de mercure (HgCdTe), un matériau sensible aux longueurs d'onde de 0,6 à 5 microns (infrarouge). Chaque capteur porte 4 millions de pixels, et un pixel voit 0,3 seconde d'arc.

En contrepartie les américains obtiennent la participation de 40 de leurs scientifiques au consortium Euclid qui compte près de 1.000 scientifiques, de 13 pays. Ces 40 chercheurs ont été choisis par la Nasa suite à une compétition interne aux États-Unis, en automne 2012, et dont la sélection finale vient d'être annoncée. « Il s'agit de quelques-uns des plus éminents scientifiques outre-Atlantique [...] nous sommes très heureux d'avoir pu attirer leur participation dans cette mission européenne », nous explique Olivier Le Fèvre, un des deux Français du Conseil directeur du consortium Euclid.

Un temps évoqué, l'octroi d'une roue de réaction par la Nasa ne fait pas partie de l'accord. Néanmoins, l'idée n'est pas encore abandonnée.

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