Vue mosaïque (quatre images) du paysage photographié par Opportunity au Sol 1783, au moment précis où MRO survolait le rover. Crédit Nasa – Montage Futura-Sciences

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L'étrange pelage de dalmatien de la planète Mars

ActualitéClassé sous :Astronautique , Malea Patera , mars

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Située par 63,4°S et 51,9°E, la vaste plaine martienne de Malea Patera mérite qu'on s'y attarde. S'étendant sur le versant du cratère d'impact Hellas, elle recouvre une ancienne région volcanique dont les stigmates apparaissent encore à travers le sol gelé.

Prise au début de l'été austral par l'instrument Hirise de la sonde européenne MRO (Mars Reconnaissance Orbiter), cette image montre un sol uniformément recouvert de givre, mais où apparaissent cependant de surprenantes taches sombres. On comprend pourquoi ce paysage a été qualifié de « dalmatien » par les astronomes...

Aspect "dalmatien" du sol de Mars. Crédit Nasa/JPL

Comment se forment-elles ? Le sol à cet endroit est recouvert de cendres volcaniques, dont l'épaisseur est probablement irrégulière. Lorsque les premiers rayons du soleil d'été parviennent à traverser la couche de givre qui s'est formée durant le long hiver martien, les parties les plus sombres accumulent davantage de chaleur et la rediffusent, provoquant cette fonte irrégulière se traduisant par une surface tachetée. Une autre possibilité serait que des dunes de sable plus foncé se réchauffent plus facilement que le terrain avoisinant, ce qui produirait le même résultat.

Araignées martiennes. Crédit Nasa/JPL

Les astronomes devront cependant attendre la fonte complète de la couche de givre pour que Hirise puisse transmettre de nouvelles vues de la zone dégagée avant de pouvoir trancher sur une des deux hypothèses... ou d'en dégager une nouvelle.

Araignées martiennes

Cette autre image spectaculaire de Mars interpelle autant par sa beauté que par son étrangeté. Ces « araignées » sont formées par du gaz (dioxyde de carbone) circulant librement sous la couche de glace, et qui profite de l'amincissement de cette fine pellicule au début de l'été pour s'en échapper lors des premiers jours d'été.

Des poussières sont alors entraînées depuis la surface sous-jacente, et se déposent aux alentours de la résurgence, retombant sous forme de traînées sombres au gré des vents. Ces traces disparaissent dès que la fonte des glaces est achevée.

Opportunity (au centre du cercle) vue par Mars Reconnaissance Orbiter. Crédit Nasa/JPL

Opportunity sous tous les angles

On l'oublierait presque... Pourtant, les robots martiens Spirit et Opportunity poursuivent inlassablement l'exploration de la Planète rouge depuis maintenant plus de cinq années. Opportunity apparaît très nettement au centre de cette image de 400 mètres de base prise le 29 janvier dernier (sol 1783) par l'instrument Hirise de MRO. Le petit engin s'était déplacé de 130 mètres depuis le sol précédent, les traces laissées par ses roues sont visibles en haut et à droite du rover.

Image couleurs prise par Opportunity à sol 1783, obtenue au moyen de trous images monochromatiques (filtres rouge, vert, bleu). Crédit Nasa - Traitement Futura-Sciences

Les dunes de faible hauteur, qui caractérisent toute la région, peuvent pour la plupart être aisément franchies par Opportunity sauf si elles présentent des versants trop abrupts, comme c'est le cas vers la droite de l'image. Les données de MRO sont aussi utilisées par les techniciens de la Nasa pour piloter leurs deux robots et optimiser leurs itinéraires, laissant espérer qu'Opportunity pourra rejoindre le cratère Endeavour, situé à 17 kilomètres de là.

Au moment précis où MRO prenait ses images, Opportunity transmettait aussi les siennes, fournissant ainsi une occasion rare d'observer un même endroit à la fois depuis l'orbite et depuis le sol.

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