L’orthorexie est l’obsession du « bien manger » © Pavel, Fotolia

Santé

Orthorexie

DéfinitionClassé sous :psychologie , troubles alimentaires , trouble obsessionnel

L'orthorexie (du grec ortho, « droit » ou « exact », et orexia, « appétit ») désigne une obsession autour de la nourriture saine. La personne orthorexique s'astreint à des règles strictes qu'elle respecte quotidiennement, concernant le choix des aliments, leur mode de cuisson et leurs conditions de consommation. Elle va par exemple bannir tous les aliments industriels, les graisses saturées, les sucres raffinés ou encore manger uniquement bio. Ce trouble toucherait 5 % à 10 % de la population à des degrés divers, surtout les jeunes et notamment ceux suivant des cursus en diététique, médecine et sport.

Comment détecter l’orthorexie ?

Philip Gorwood, psychiatre à l'Hôpital Sainte-Anne à Paris, mentionne quatre symptômes principaux :

  • la personne suit un régime spécifique ressenti comme un mode de vie plus sain ;
  • elle s'impose des restrictions de plus en plus strictes au fil du temps, jusqu'à éliminer complètement certains types d'aliments ;
  • elle manifeste un haut niveau de stress face à des choix alimentaires ressentis comme malsains ;
  • elle a une peur exagérée des maladies en cas de non-respect de ses règles diététiques.

Les orthorexiques présentent également des traits de personnalités communs avec les personnes souffrants de TOC (trouble obsessionnel compulsif) ou de TCA (trouble du comportement alimentaire), comme l'évitement de la douleur et du danger ou un intérêt pour le spirituel.

La personne orthorexique s’impose des restrictions alimentaires strictes. © Voyagerix, Fotolia

Les conséquences de l’orthorexie

Contrairement à l’anorexie, il n'y a pas de recherche de perte de poids ; les études n'ont pas révélé de différence de corpulence entre les personnes orthorexiques et les personnes témoins. En cas de régime très strict, l'orthorexie peut néanmoins entraîner des carences en minéraux, protéines ou vitamines. L'orthorexie a surtout des répercussions importantes sur la vie sociale : la personne va s'isoler socialement pour ne pas à avoir à déroger à ses règles et à son emploi du temps. Elle conduit souvent à une anxiété envahissante, voire une dépression.

Les facteurs pouvant conduire à l’orthorexie

Les peurs diffusées par les médias et réseaux sociaux (danger des pesticides, des additifs, risque de cancer lié à certains aliments...) qui contribuent à modifier le comportement alimentaire, ou le suivi d'un régime spécifique (végan, végétarien, flexitarien...) sont des éléments favorisants. « Ces conduites sont d'autant plus susceptibles de dériver vers une orthorexie qu'elles sont interprétées comme des démarches identitaires », met en garde Jean-Pierre Corbeau, professeur de sociologie de l'alimentation à l'université de Tours.

Il n'existe pas de thérapie spécifique à l'orthorexie. « Il s'agit de progressivement sortir les patients de leur enfermement, afin qu'ils puissent à nouveau simplement manger pour vivre, et non plus vivre pour chercher à manger. »

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