Malaria : quand le génome d’une bactérie devient une ressource médicale

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Sérendipité, ou le fait de réaliser une découverte scientifique de façon totalement inattendue. C'est ce qui est arrivé à une équipe de chercheurs de l'Illinois. En travaillant sur Streptomyces lavendulae, ils pensaient comprendre comment elle synthétise la fosmidomycine, un composé connu pour être efficace contre la malaria. Il est apparu que d'une part, cette bactérie ne produit pas cette molécule. Et d'autre part, elle élabore la déhydrofosmidomycine, une molécule apparentée et également connue. Pas de grande surprise pour l'instant..., jusqu'au moment où les chercheurs l'ont remarqué.

Les gènes utilisés par Streptomyces lavendulae n'ont jamais été décrits. La voie de biosynthèse qu'ils permettent de créer est totalement nouvelle. « Si vous réfléchissez à l'évolution et à comment vous en êtes arrivés là, c'est fascinant, que ces molécules soient si intéressantes que la nature les a découvertes à de multiples reprises » explique Metcalf, un des chercheurs.

Ils essayent désormais d'identifier par quels gènes sont codés les enzymes de cette voie de biosynthèse. Ces connaissances permettraient peut-être d'utiliser le séquençage génomique pour découvrir d'autres molécules d’intérêt thérapeutique. Mais aussi d'utiliser cette nouvelle voie pour synthétiser de façon plus efficace et moins chère.

Et du hasard naquit l'innovation.

En science aussi, le hasard fait bien les choses. © Willi Heidelbach, Pixabay