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Star teck, l'attaque des clones

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En raison d'une demande de bois de qualité supérieure à l'offre, les plantations clonales de teck connaissent aujourd'hui un développement croissant dans différents pays d'Asie, d'Océanie, d'Afrique, d'Amérique latine et notamment au Costa Rica.

Star teck, l'attaque des clones

Le bois de teck (Tectona grandis), très prisé pour son extrême durabilité, ne représente aujourd'hui que 1 % du volume total de bois d'œuvre utilisé dans le monde. Or, à l'heure actuelle, la demande internationale de bois de teck de qualité est en forte croissance, entraînant une diminution alarmante des ressources provenant des peuplements naturels de teck d'Inde, du Laos, de la Thaïlande et du Myanmar (ex-Birmanie). Dans ces pays, cette essence est de plus en plus protégée par une réglementation stricte destinée à préserver la biodiversité in situ de l'espèce.

Cette situation a récemment entraîné un changement radical de la façon de concevoir les nouvelles plantations de tecks, les investisseurs privés, paysans inclus, souhaitant réaliser le meilleur retour sur investissement dans les plus brefs délais à partir de terres soumises à une pression démographique de plus en plus forte. Les téckeraies traditionnelles établies à partir de semis et gérées de façon extensive pour être exploitées à l'issue de rotations de 60 à 80 ans, ne semblent plus adaptées au contexte actuel. Elles pourraient avantageusement être remplacées par des plantations clonales de tecks sélectionnés sur des critères de productivité et de qualité du bois.

Dans les années 1990, le département Forêts du Cirad a développé des techniques de clonage industrielles de tecks sélectionnés âgés dans le cadre de son partenariat avec la société malaisienne Innoprise Corporation Sdn Bhd (Icsb). Ces travaux ont permis la mise en place des premières plantations clonales sous forme de boutures en tirant profit des travaux de sélection et d'amélioration génétique effectués conjointement. Ces activités se poursuivent dans le cadre de partenariats scientifiques en privilégiant les aspects qualité du bois pour la sélection des têtes de clones. L'engouement pour les plantations clonales de tecks a rapidement gagné d'autres pays d'Asie, mais aussi d'Océanie, d'Afrique et d'Amérique latine. C'est ce qui a été constaté lors d'un récent atelier sur le thème de la foresterie clonale, plus spécifiquement consacré au teck, qui s'est tenu au Costa Rica à la fin du mois de juillet dernier, à l'initiative du Dr Olman Murillo et de son association GenFores.

L'association a pour objectif la gestion rationnelle et dynamique des ressources génétiques forestières du Costa Rica. Elle a déjà produit 210 clones de tecks à partir de 314 arbres de qualité supérieure, au profit de huit compagnies privées de la région, dont Expomaderas et Panamerican Woods. Cette dernière a notamment produit l'an passé 180 000 miniboutures clonées de tecks, dont 40 000 ont été vendues localement. Mais la nécessité d'enrichir la base génétique locale - « seed source Trinidad » - reste une priorité. Des contacts ont été pris dans ce sens avec la société malaisienne Icsb qui dispose d'origines génétiques très diversifiées diffusables sous forme de graines ou de clones, grâce aux techniques in vitro développées, entre autres, dans le cadre du partenariat avec le département Forêts du Cirad.

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