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Un record d'apnée pour le développement durable

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On peut être championne d'apnée et militer pour sauvegarder les trésors de notre planète bleue. La preuve avec cette charmante naïade de Turquie, Yasemin Dalkilic, qui, pour l'organisation internationale WWF, a battu le record du monde en Poids Constant sans palmes en juin dernier : 46 m en 1 min 57 !

© C. Coudre La grande nacre de Méditerranée est menacée

A Kas, en Turquie ce jour-là, il y avait du monde pour soutenir la jeune apnéiste, déjà plusieurs fois championne du monde. Née à Ankara, à des centaines de kilomètres de la Grande Bleue, il y a tout juste 25 ans, rien ne prédisposait Yasemin Dalkilic à se passionner autant pour l'univers marin.

Et pourtant... Dés l'adolescence, elle se consacre à l'apnée et remporte son premier record du monde en poids constant le 7 novembre 1999 au large d'Istambul : 68 mètres en 2'23. Persévérante, elle est la première femme à franchir le cap des 100 mètres dans l'histoire du poids variable no limits avec son record établi en Mer Rouge à Hurgada le 15 juillet 2001. Elle dépasse les 105 mètres en 2 min 38 !

Retour dans les eaux de Kas où Yasemin, poussée par ses convictions et son combat pour la conservation des espèces marines de Méditerranée, plonge en Poids Constant sans palmes. 46 m en 1 min 57 : une victoire pour la championne, le WWF, et la Méditerranée...

Son soutien à la célèbre organisation internationale de conservation de la nature est entier : « je continuerai à être une fervente supportrice des efforts qui participent à sauver nos océans ! » s'exclamait la belle sirène après son exploit.

Pour tenter son record, la championne avait opté pour la ville de Kas en Turquie car les eaux du pays abritent de nombreux trésors endémiques sur lesquels pèsent d'innombrables pressions : tortue marine, mérou brun, grande nacre ou phoque moine de Méditerranée particulièrement menacé d'extinction.

C'est justement afin de sauver tous ces animaux que le WWF de Turquie insiste pour obtenir un statut légal bien défini pour des aires marines de protection. Le but est de mettre en place un réseau de zones protégées et étroitement surveillées autour des 8000 km de côtes de la Turquie. Les eaux territoriales présentent une biodiversité exceptionnelle, mais des études scientifiques démontrent que celle-ci doit faire face à la pollution, aux activités humaines côtières et à l'explosion du tourisme.

Quelques jours après l'évènement, Ahmet Birsel, directeur du Programme Marin du WWF-Turquie, a insisté sur l'impact de la plongée de la jeune fille en terme d'écologie : « les efforts de Yasemin Dalkilic ont été efficaces dans l'accélération de la prise de conscience sur l'importance d'établir des aires marines protégées pour préserver nos eaux en danger ».

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