Le masque ne vous fait pas respirer votre propre CO2. © Deagreez, Adobe Stock
Santé

Les masques n'ont aucun effet sur nos échanges de gaz

ActualitéClassé sous :Pandémie , antimasques , hypoxie

Une expérience scientifique démontre que le port du masque n'a aucun impact sur les échanges en oxygène et dioxyde de carbone dans l'organisme chez les personnes saines ou ayant des problèmes respiratoires.

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[EN VIDÉO] Coronavirus : demain, tous masqués ?  SARS-CoV-2. Il est apparu en Chine en décembre 2019. Depuis, il a fait des dizaines de milliers de morts dans le monde. Pour limiter la propagation de ce coronavirus et en l’absence de traitement ou de vaccin, différentes mesures ont été imaginées. Parmi lesquelles, le port d’un masque. 

C'était l'un des arguments majeurs des groupes anti-masques. En le portant, on risquerait l'hypoxie (manque d'oxygène) et on respirerait notre propre dioxyde de carbone (CO2). Cet argument pouvait être balayé d'un revers par nos connaissances mécanistes. En effet, la plupart des masques permettent de stopper les gouttelettes infectieuses qui ont un diamètre compris entre 1 et 10 micromètres. Les molécules de dioxygène et de dioxyde de carbone mesurent, respectivement, 346 picomètres et 330 picomètres. Dès lors, il n'y avait aucune raison sérieuse de penser que de tels phénomènes étaient de l'ordre du possible. Des chercheurs américains ont tout de même souhaité réaliser une expérience à ce sujet qu'ils ont publiée dans Annals of the American Thoracic Society.

Aucun impact des masques sur les échanges gazeux 

Trente personnes ont été recrutées pour l'expérience : 15 personnes issues du personnel médical hospitalier en bonne santé (moyenne d'âge de 31 ans) et 15 vétérans souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO, moyenne d'âge de 71 ans). L'expérience a consisté à mesurer plusieurs paramètres (rythme cardiaque, fréquence respiratoire, saturation en oxygène, dioxyde de carbone de fin d'expiration, la pression en oxygène et la pression en dioxyde de carbone uniquement pour les personnes atteintes de maladies pulmonaires sévères) à différents moments : 

  • au début de l'expérience, sans porter le masque ; 
  • après cinq minutes de port de masque au repos ; 
  • après trente minutes de port de masque au repos ; 
  • après un test de marche durant 6 minutes à la suite du port de 30 minutes au repos (uniquement chez les personnes atteintes de BPCO).

Les résultats démontrent que, chez les personnes saines, seule la fréquence cardiaque est légèrement impactée, ce qui peut expliquer, selon les auteurs, par des réactions neurologiques ou par exacerbation de phénomènes d'anxiété ou de claustrophobie. Chez les personnes atteintes de BPCO, a été constatée une légère diminution du débit d'oxygénation après le test de marche sans que des changements physiologiques majeurs dans les mesures des échanges gazeux n'aient été observés. Avant de réaliser cette expérience, des conclusions similaires chez un groupe contrôle avaient été tirées, ne relevant aucune modification dans les échanges gazeux pendant une heure d'activité modérée.

 Il est important d’informer le public que l’inconfort associé à l’utilisation du masque ne doit pas conduire à penser qu’il existe des problèmes de sécurité, ce qui serait un jugement non fondé. © Master1305, Adobe Stock

Portez votre masque ! 

Les observations des scientifiques, bien que limitées par la taille de l'échantillon, fournissent une évidence assez claire que les masques chirurgicaux ne causent pas de problèmes dans les échanges gazeux, contrairement aux masques FFP2. En effet, dans des expériences antérieures, ces derniers pouvaient causer une accumulation légère du dioxyde de carbone dans les poumons de personnes saines. Toutefois, cela ne s'est jamais traduit par de véritables dégâts physiologiques.

Voici comment les investigateurs de l'étude concluent leur article : « Il est important d'informer le public que l'inconfort associé à l'utilisation du masque ne doit pas conduire à penser qu'il existe des problèmes de sécurité non fondés, car cela peut atténuer l'application d'une pratique éprouvée pour améliorer la santé publique. Comme de plus en plus de preuves indiquent que les individus asymptomatiques peuvent alimenter la propagation du Covid-19, l'utilisation universelle des masques doit être vigoureusement appliquée dans les milieux communautaires, en particulier maintenant que nous sommes confrontés à une pandémie avec un minimum d'interventions thérapeutiques. Nous pensons que nos données aideront à atténuer les craintes concernant les risques pour la santé liés à l'utilisation des masques chirurgicaux et à améliorer la confiance du public pour une acceptation et une utilisation plus généralisées. »

  • Même si nos connaissances théoriques nous l'assuraient, une expérience a été menée pour vérifier si le port du masque pouvait causer une hypoxie ou une accumulation du dioxyde de carbone chez les individus sains ou souffrant de maladies respiratoires.
  • La fréquence cardiaque peut être modifiée mais cela s'expliquerait par de l'anxiété ou des réactions neurologiques. Le débit d'oxygénation est légèrement diminué chez les personnes souffrant de maladies respiratoires sans que cela ne se traduise par une altération au niveau des échanges gazeux.
  • Les auteurs rappellent que les bénéfices du port du masque sont bien supérieurs à ce type de risques supposés.
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