Santé

MERS-CoV : moins de risque de pandémie que le Sras... à priori

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Bonne nouvelle. D'après les premières analyses, le coronavirus MERS-CoV, qui effraie le monde depuis septembre dernier, semble moins à même de causer une pandémie que le virus du Sras en son temps. Du moins pour l'instant...

Le MERS-CoV est-il plus dangereux que le virus du Sras ? Pour l'instant, non. Mais nous ne sommes pas à l'abri d'une mutation qui le rendrait plus contagieux. © NIAID, RML, DP

Le MERS-CoV est-il plus dangereux que le Sras ? Pour répondre à cette question, des chercheurs de l'Institut Pasteur ont analysé les données de 64 cas identifiés. Ils ont ainsi pu comparer sa contagiosité à celle du Sras. Résultat : en l'état actuel, ce nouveau coronavirus apparu en 2012 au Moyen-Orient est trop peu transmissible pour déclencher une pandémie.

Lorsqu'un nouveau virus apparaît, l'une des grandes questions est de savoir s'il peut se propager dans la population. Cela revient à calculer le nombre moyen d'individus qu'un malade pourrait infecter, tant qu'il reste contagieux. Ce nombre est appelé taux de reproduction de base. S'il est inférieur à 1, cela signifie que chaque cas donne naissance en moyenne à moins d'un cas secondaire. « Selon les scénarios, le MERS-CoV a un taux compris entre 0,6 et 0,7. Ce qui est inférieur à celui du Sras avant sa phase pandémique de 2003 (0,80) », expliquent les chercheurs.

Le coronavirus MERS-CoV frappe surtout le Moyen-Orient, l'Arabie Saoudite en tête. Bien qu’il ne se soit pas encore répandu à l'échelle de la planète, les scientifiques craignent que l'épidémie prenne une autre ampleur au moment du pèlerinage vers La Mecque... © NIAID, RML, DP

Avec le MERS-CoV, moins de danger que le Sras ?

« Même s'ils présentent plusieurs similitudes cliniques et épidémiologiques, les deux virus ont une biologie bien distincte, précise Arnaud Fontanet, principal auteur de l'étude publiée dans The Lancet. Le MERS-CoV ne s'est pas répandu aussi rapidement ou aussi largement que le Sras. »

Faut-il alors en déduire que le MERS-CoV est moins dangereux que le virus du Sras ? « Pas si sûr, précise le chercheur. Les intervalles de confiance autour des deux estimations se recoupent largement. Ces virus peuvent évoluer très différemment. Ils n'utilisent pas les mêmes récepteurs pour se fixer aux cellules humaines. Actuellement, ce virus est peu transmissible. Mais il pourrait le devenir à la faveur de mutations. Il est donc urgent d'identifier son réservoir animal pour bloquer la diffusion à sa source. »

Au 26 juin, le bilan établi par l'OMS faisait état de 77 cas, dont 40 mortels.

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